07 mars 2008
Viande : la bombe écologique

Comme Jehanne marchait au bûcher, nous nous dirigeons vers une terre surchauffée.
Sauf si...
Bon ! Il ne suffira pas de rouler à 90 au lieu de 110 km/h, c'est moi qui te le dis, pour contrarier la course folle.
Mais ça tombe bien, il y a des gens, tout à fait dignes d'intérêt, qui soumettent, même s'ils sont pessimistes, des solutions, des façons de faire différentes, des alternatives pour éviter cette farce macabre d'une planète au bout du rouleau.
Toi, tu penses évidemment que l'automobile, l'avion, tout ce qu'on regroupe sous le vocable de 'transports' est la plus grande cause du réchauffement du globe.
Erreur, mon ami, erreur...
L'élevage, la filière viande en général, émet plus de gaz à effet de serre que l'ensemble des quelques 800 millions de totomobiles en circulation sur cette bonne vieille terre.
Je liquide ton objection (même si, la pauvre, elle n'avait rien demandé) de suite : ce n'est pas moi, modeste pékin qui l'affirme mais la FAO (Food and Agriculture Organization), une agence de l'ONU. Ce n'est pas dans leurs habitudes de raconter du flan.
J'aime bien reprendre l'un des exemples que la FAO donne, quand on me gonfle avec la nécessité hypocrite de veiller à ne pas laisser couler le filet d'eau du robinet quand tu te brosses les ratiches : une seule journée sans manger de produits animaux permet l'économie de 5000 litres d'eau par individu (soit une centaine de douches).
Tu réalises Denise ?
Pour ton édification, je te balance un article paru dans Libération du 05 mars. Il a été rédigé par l'équipe du mensuel TERRA ECONOMICA, des petits gars très valables. Je t'en ai déjà parlé, il me semble.
Tu pourras aller sur leur site (www.terra-economica.info) pour y consulter des articles, t'abonner (moi c'est déjà fait) ou réagir.
Voici le texte (le titre est de moi).
Une autre vérité sur le réchauffement climatique
Quatre kilogrammes par foyer français en 2007 contre 3,8 kg en 2005 : la viande hachée est l’un des seuls produits élaborés à base de bœuf dont la consommation continue de croître en France. C’est en effet la viande qui réalise les plus gros volumes de vente dans l’Hexagone. A tel point que la filière bovine est sortie de la zone rouge uniquement grâce au steak haché.
Seulement voilà, du pré à l’assiette, la viande bovine traîne quelques nuages de gaz à effet de serre.
Avant que le steak haché ne gagne sa place dans les rayons des supermarchés, rendez-vous à l’abattoir. Celui de Cholet (Maine-et-Loire) par exemple, le plus important des neuf sites de l’entreprise Charal.
Gaz hilarant. Ici pénètrent chaque semaine environ 2 000 bovins, dont on tire notamment 170 tonnes de steaks hachés.
Chaque année, cela représente 8 800 tonnes de viande emballée, soit plus d’une tour Eiffel. Entre le début et la fin de la chaîne, le bovin est anesthésié puis saigné. Ses muscles sont préparés, hachés puis moulés. Charal reste assez flou sur les détails du processus, «secret de fabrication» oblige, mais insiste sur la multiplicité des contrôles qualité… Suite aux différentes crises sanitaires (encéphalite spongiforme bovine, salmonelles…), les transformateurs ont bien été obligés d’adopter la culture du contrôle.
Dans la foulée, les abattoirs ont également procédé à leur examen environnemental : tri des déchets, réduction du poids des emballages, groupement des transports et surtout gestion de l’eau.
Bien que transformation, emballage et transport dégagent du dioxyde de carbone (CO2), le gaz à problème du steak haché serait plutôt le méthane (CH4).
Les ruminants en rejettent une grande quantité par flatulence.
Et une molécule de méthane provoque un effet de serre 23 fois plus important qu’une molécule de CO2, selon les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).
Ce n’est pas tout. Le fumier, lui, dégage du gaz hilarant, le N2O.
Mais pas de quoi rire, son impact est 296 fois supérieur à celui du gaz carbonique.
Fumier. Selon un rapport de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, paru en 2006, l’élevage dans son ensemble émet, en équivalents CO2, «18 % des gaz à effet de serre de la planète».
Davantage que les transports !
Pour régler le problème, suffirait-il d’opter pour de la viande estampillée bio ? Pas si simple. Une vache, élevée selon les méthodes de l’agriculture biologique ou celles de l’agriculture conventionnelle, émet la même quantité de méthane, et le fumier dégage autant de dioxyde d’azote.
Il ne reste donc qu’une seule issue : ingurgiter moins de steaks. Selon une étude britannique, parue en 2007 dans The Lancet, il faudrait réduire d’au moins 10 % notre consommation de viande rouge pour diminuer de façon significative la contribution de l’élevage au changement climatique.
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05 mars 2008
Moins peut être plus

Non je ne suis pas une feignasse. Oui, c'est plutôt rare.
Que je me contente de replacer, sur ce blog, sans y toucher, un article venant d'ailleurs.
Ce papier est extrait d'un dossier publié par le magazine Courrier International, consacré à la décroissance.
La décroissance, c'est le refus réfléchi, militant parfois, de la surconsommation, du gaspillage, d'un mode de vie polluant et néfaste pour la planète et à l'inverse, le choix de la simplicité, voire de la frugalité, du renoncement volontaire à toutes ces conneries de course au fric, à ces envies de paraître et d'avoir au lieu d'être.
C'est le non à l'abondance, au toc, au superficiel qui coûte cher.
On les appelle les décroissants en France, les downshifters (décélérateurs ou ralentisseurs) aux Etats-Unis ou en Suède.
Après la lecture de mon billet, je suis certain que tu vas creuser le sujet, faire chauffer ton moteur de recherche.
Va donc voir où on parle du 'Buy nothing day', dénommée par chez nous 'Journée sans achats', où on cause du groupe The Compact (http://sfcompact.blogspot.com) ou encore des Casseurs de pub et autres adeptes de la désobéissance à ce système de dingues.
L'article que tu vas lire a été écrit par Madeleine bunting, dans le Guardian (quotidien anglais).
Tu reconnaîtras que j'ai bien fait de m'effacer, pour une fois, devant ces propos de grande qualité !
| La frugalité, salut de notre âme
|
| Fondé sur la consommation à outrance et sur l’insécurité, notre système économique détruit l’environnement. Et nous éloigne de nos vrais besoins. |
En 2006, chaque citoyen britannique a produit 9,6 tonnes de CO2, un chiffre qui devra être ramené à moins de 3 tonnes d’ici à 2050. C’est le minimum non négociable sur lequel s’accordent la plupart des économistes et des spécialistes de l’environnement. Ce qui fait débat est de savoir si cela signifie qu’il faudra consommer moins ou simplement consommer différemment ? En d’autres termes, devrons-nous renoncer à notre confort au nom du développement durable ou bien pourra-t-on continuer à vivre de la même façon grâce à la magie de la technologie ? La politique environnementale du gouvernement repose exclusivement sur le développement de technologies propres. Pourtant, ces dernières années, les progrès en matière d’efficacité énergétique n’ont fait qu’accroître les aspirations des consommateurs. L’innovation fait certes partie de la solution, mais elle n’est pas suffisante. On a raison de parler de “magie” de la technologie : le gouvernement se fonde sur une croyance irrationnelle. Notre système politique repose sur la croissance économique telle qu’elle est mesurée par le produit intérieur brut, qui ne dépend que de l’augmentation des dépenses de consommation. La croissance économique est nécessaire pour payer le service de la dette, ainsi que l’Etat-providence. Si les gens arrêtaient de consommer, l’économie finirait par s’effondrer. La publicité et le marketing, deux secteurs prépondérants de notre économie, ont pour unique objectif de veiller à ce que nous continuions à consommer et que nos enfants suivent notre exemple.Ce système économique, avec son coût exorbitant pour l’environnement, est pourtant profondément malade. Le graphique du psychologue américain Tim Kasser en est la meilleure illustration. La courbe représentant le revenu par habitant est en constante augmentation sur les quarante dernières années ; tandis que celle illustrant le nombre de personnes se disant “très heureuses” reste stable sur toute la période. L’écart entre les deux courbes ne cesse de s’agrandir. Le graphique de Kasser est à la fois source d’espoir et d’inquiétude. La bonne nouvelle est qu’un faible niveau de consommation n’est pas forcément synonyme de malheur. Mais, d’un autre côté, il est particulièrement inquiétant de voir que nous continuons à consommer alors que cela ne nous rend pas plus heureux. Selon Kasser, notre hyperconsommation est une réponse à l’insécurité, c’est un mécanisme d’adaptation destructeur. Au cours des dernières décennies, les sources d’insécurité se sont multipliées. Outre les classiques manipulations des publicitaires, les économies de marché hautement compétitives génèrent de nouvelles sources d’anxiété allant des questions identitaires (Quelle est ma place dans cette société ?) aux interrogations fondamentales (Qui prendra soin de moi quand je serai vieux ?). Le lien entre matérialisme et insécurité permet d’expliquer pourquoi des pays aussi différents que les Etats-Unis et la Chine présentent un tel niveau de matérialisme. L’insécurité y est endémique. Le problème est que ce bouleversement pourrait avoir des effets pervers – c’est la crainte de Kasser. Une réduction de la consommation pourrait se traduire par une instabilité économique et une insécurité accrues.Sans compter que le réchauffement climatique est lui aussi source d’anxiété. |
00:50 Publié dans Biosphère en danger | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 janvier 2008
Choc climatique : il nous reste quelques minutes pour l’éviter.
Après moi le déluge !
C'est assurément ce contre quoi Leonardo Di Caprio s'insurge, de bonne foi, sincérement.
Opposé à ces comportements criminels, désastreux pour le devenir écologique de la planète.
Ces décisions et postures empruntes de cynisme, fondées sur le mensonge et la duplicité, motivées par le seul appât du gain, qui mettent à sac la biosphère, mettant en péril la survie des générations à venir.
Les constats sont accablants. Des dizaines de livres, de reportages, de films, en passant par "Une vérité qui dérange" de Al Gore, ont dévoilé l'état de notre boule bleue et ce qui nous attend si rien n'est fait pour contrarier radicalement cette course folle.
Droit dans le mur ! C'est exactement ça.
'Nous fonçons droit dans le mur', nous interpelle L.Di Caprio dans son docu/film "La 11ème heure, le dernier virage".
Présenté au dernier festival de Cannes, ce documentaire est sorti le 09 janvier 2008 mais ne sera pas distribué en salles.
Il est disponible uniquement en VOD (vidéo à la demande), en attendant sa commercialisation en DVD.
Léonardo Di Caprio, auteur, réalisateur et narrateur, a donc voulu nous alerter encore une fois sur le délabrement de notre environnement et proposer, avec le recours à des dizaines de personnalités (de Stephen Hawking à Mikhaïl Gorbatchev) des pistes de solutions.
Dans ce doc, il y a bien sûr les images fortes (effondrements des glaciers, inondations, cyclones...) et leurs conséquences (disparition d'espèces, famines, flots de réfugiés etc).
La bande annonce, plutôt étoffée : http://wwws.warnerbros.fr/11thhour/
Tout juste peut-on, cependant, regretter le manque d'insistance de Di Caprio à stigmatiser l'un des plus méprisables individus de la bande des délinquants écologiques.
C'est l'un de ses compatriotes. Ceci explique peut-être cela. Et non le moindre. Ceci explique sûrement cela.
Devinette : je suis celui qui a refusé, une fois élu, de ratifier le protocole de Kyoto. J'ai livré des espaces gigantesques naturels et protégés, pour forage et concession, à mes amis pétroliers, notamment à ExxonMobil.
J'ai rendu caduques les lois sur la qualité de l'eau et de l'air (Clean Water act et Clean Air act).
J'ai gelé le programme Superfund élaboré pour répondre au délicat problème du traitement des déchets industriels toxiques.
Je suis ? G. Dobeliou Bush et je m'en tape comme de ma première bouteille de bourbon des rejets de CO2 et du choc climatique.
Léonardo Di Caprio, qui précise même que l'heure est dépassée depuis longtemps et que nous sommes maintenant proches des douzes coups de minuit, a été interrogé sur la responsabilité de son président.
Lui, le boss de l'empire (responsable d'un quart des émissions industrielles mondiales de gaz carbonique).
C'est ainsi qu'il a répondu : "Pour ce qui est du Président Bush, je vais dire des choses extrêmement simples, parce que c’est la vérité. Il a fait très peu pour l’environnement."
Alors ça, c'est envoyé !
C'est du brutal ! Du féroce !
Il a fait très peu pour l'environnement ?
Sans déconner !
09:54 Publié dans Biosphère en danger | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12 octobre 2007
Quand j’aurai 100 ans, le muguet poussera au mois de janvier
1ère semaine de septembre. Année : 2059. Je fêterai mes 100 ans.
Un siècle dans les cannes, vous vous rendez compte ? Si en plus je suis toujours capable de piquer une tête dans la piscine que je me serais payée pour mes 80 balais, ça va donner !
Comme je suis un garçon curieux et prévoyant, j'ai voulu avoir une idée du temps qu'il fera à ce moment là, vérifier que mes contemporains avaient bien pris, 35 ans auparavant, les bonnes mesures, les bonnes résolutions, pour diminuer leur empreinte écologique et lutter efficacement contre le réchauffement climatique.
M'assurer que l'attribution du prix Nobel 2007 à Al Gore et au GIEC avait produit ses effets.
Comment j'ai fait ?
Je suis allé sur le site du magazine Science & Vie qui, à l'occasion de la publication d'un numéro spécial sur le climat, met à disposition un simulateur climatique

Je dis bien simulateur climatique et non météorologique !
Il y a une sacrée différence car s'il est possible, sans trop d'incertitude, de modéliser des états climatiques dans le futur (la climatologie est une science des moyennes et celles-ci sont faciles à prévoir), ce n'est pas du tout le cas quand il s'agit de prévoir le temps qu'il fera un jour donné.
La météorologie, à 10 jours, relève de l'imprévisible.
Ce simulateur propose de choisir 2 scénariis : l'orange (modéré) et le rouge (intensif). Le deuxième, pas besoin de faire un dessin; il suppose une croissance démographique soutenue et une croissance économique vigoureuse. Le pire des scénariis donc.
Le simulateur couvre la période 2050/2100 et permet d'affiner les projections sur 350 cases du territoire français.
5 indicateurs sont activés : température maximale, température minimale, pluviométrie, ensoleillement et humidité au sol.
Les écarts avec la situation d'aujourd'hui sont notés.
Voilà, vous choisissez votre scénario, votre endroit, votre année, votre semaine et vous aurez une idée quasiment fiable du climat qui sera le vôtre dans l'avenir.
Pour ce qui me concerne, pas de souci, je pourrai me baquer sans hésitation et ce n'est même pas la peine de sortir la petite laine vers 22h30.
Il fera chaud ! Avec une différence de 10 degrés par rapport au mois de septembre 2007.
C'est super ? Humm... Je ne crois pas...
Le site : http://climat.science-et-vie.com/carte/
Et le blog qui y est associé, au travers d'un excellent article, sur un sujet que vous connaissez bien car j'en parle souvent (d'ailleurs, pas plus tard que la semaine dernière) :
http://climat.science-et-vie.com/blog/?2007/09/25/13-adie...
14:25 Publié dans Biosphère en danger | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06 octobre 2007
Dis moi, Al Gore, t’as fait gaffe à ce qu’il y avait dans ton assiette ?
L'empreinte globale, vous connaissez ? C'est l'effet, la conséquence de notre mode de vie sur la planète.
On a classé ce mode de vie en 'postes' : logement, transports, biens et services, alimentation...
Al Gore, dans son docu/film "Une vérité qui dérange" a éveillé bien des consciences sur l'empreinte néfaste de certains de nos comportements quotidiens sur l'environnement et a indiqué que les corriger, les refuser, les supprimer, conduirait mécaniquement à réduire, significativement, cette empreinte.
Mais Al Gore a oublié l'essentiel. C'est dommage. Pour lui-même, sa crédibilité et pour la planète.
Comme on arrive au terme des Journées Mondiales Végétariennes, je vais vous donner l'occasion de poursuivre la réflexion sur le sujet en plaçant ici l'intégralité d'un excellent article mis en ligne sur AgoraVox, le media citoyen ( http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=29685), article qui provoque moultes réactions (167 à l'instant).
Ma bonté me perdra; en cadeau, je vous file un lien vers un petit documentaire éclairant et incisif : www.youtube.com/watch?v=0gnmGRIrNQE

" Après le remarquable documentaire d’Al Gore sur le réchauffement climatique, une polémique est née aux Etats-Unis suite aux attaques d’associations lui reprochant de passer volontairement sous silence les sources d’émissions de gaz à effet de serre bien plus polluantes que tous les transports réunis et bien plus facile à éviter.
Il faut tout d’abord commencer par reconnaître le formidable tremplin qu’aura donné Al Gore à la dénonciation du problème du réchauffement planétaire. Il aura fait un travail mémorable de communication et d’information qui a fait date. Ça, on ne pourra jamais le lui enlever. Mais peut-être va-t-il falloir se passer de son exemple [1] pour agir concrètement.
Il n’est donc pas question de remettre en cause la pédagogie et la valeur informative du documentaire Une vérité qui dérange. Mais, au long du documentaire, quelque chose d’autre que le réchauffement climatique peut déranger : on y entend en effet la voie torturée par l’angoisse des conséquences de nos actes d’un Al Gore voyageant en business class [2] ou conduisant sa grosse berline à travers l’élevage bovin de ses parents.
Il y a là une distance astronomique entre le discours et l’action qui n’a pas échappé non plus aux associations de défense des animaux qui l’attendaient au tournant.
En effet, peu de temps après la sortie du documentaire, des critiques ont commencé à pleuvoir de la part notamment des associations de droits des animaux Humane Society et de PETA, car ces dernières surfent désormais sur la vague écolo avec un argument massue :
Confirmé récemment par un rapport de l’ONU, la consommation de viande [3] est une cause incontournable du réchauffement climatique; selon certains calculs elle y contribuerait deux fois plus que tous les modes de transports réunis. Pour l’illustrer, des géophysiciens de l’université de Chicago ont calculé que le passage à un régime sans viande est nettement plus efficace écologiquement que de rouler en voiture hybride. Passer ce fait sous silence reviendrait donc à utiliser les mêmes méthodes de désinformation que M. Gore dénonce dans son documentaire.
Et ce n’est « que » la contribution au réchauffement planétaire de l’élevage qui est mise en avant. La transformation artificielle d’eau, d’hydrocarbures et de végétaux en barquette de viande a d’autres impacts tout aussi désastreux écologiquement.
Plus de la moitié des surfaces agricoles y sont dédiées en France, et d’autres pays, pour accompagner la croissance de la demande mondiale, transforment des écosystèmes uniques en pâturages et cultures fourragères (par exemple l’Amazonie, rongée par les pâturages et la culture de soja dont 90 % est destinée à l’alimentation du bétail notamment européen et américain).
Le gaspillage d’eau : 70 % de l’eau potable y est détournée rien qu’en France [4].
Sans compter que la concentration d’animaux affaiblis dans les élevages industriels est un formidable terrain de développement pour des maladies transmissibles à l’homme (vache folle, grippe aviaire...). Dans l’avenir, il risque d’être difficile de revendiquer l’addition écologique de cette mauvaise habitude alimentaire sans mourir de honte.
Qu’en dit le héros du refroidissement planétaire ? Pas un mot... Si, il a le courage de demander à ses auditeurs de changer d’ampoules électriques pour des modèles à basse consommation ou de s’acheter une voiture hybride s’ils en ont les moyens; il ne leur dit pas que le moyen le plus rapide et efficace pour diminuer leur participation aux émissions de gaz à effet de serre serait de diminuer leur consommation de viande.
Est-il tenu par les tout-puissants lobbies de l’agro-alimentaire et pharmaceutiques américains ? Possible, pourtant il dénonce clairement les lobbies pétroliers et automobiles dans son documentaire. Est-il comme beaucoup d’humains avançant en âge, paniqué par la perspective de changer profondément ses habitudes ? Est-il juste ignorant ?
C’est tout de même assez troublant de la part de quelqu’un se prétendant profondément concerné par la juste cause de l’écologie.
Ces associations ont profité de la situation pour ressortir la trop avant-gardiste litanie sur les bienfaits du végétarisme [5]. La dimension éthique ou diététique conduisant à l’exclusion totale de la viande effraie souvent plus qu’elle n’attire, et malgré sa justesse elle participe souvent à la décrédibilisation du discours aux yeux de la majorité qui ignore pourtant tout de ce mode de vie.
Leur travail d’information aura pourtant porté et la polémique a été reprise par le International Herald Tribune et le New York Times. Comme d’habitude, les médias français auront profité de l’occasion pour ne rien dire. Trop dérangeant ?
Aucun geste n’est inutile. Toutefois, il faudra tôt ou tard avoir l’honnêteté intellectuelle de bien vouloir admettre l’impact indéniable de la surconsommation de viande sur l’environnement et la santé et de faire l’effort d’en manger moins. Se focaliser uniquement sur les ampoules électriques ou les voitures hybrides risque d’être fort insuffisant.
Qu’Al Gore le veuille ou non, la lutte contre la pollution et le réchauffement planétaire ne pourra pas sauter la case de la remise en cause de nos habitudes alimentaires.
Epilogue de la polémique :
Diminuer sa consommation de viande - le geste le plus simple, rapide et efficace pour diminuer son empreinte écologique et ses émissions de gaz à effet de serre - sera désormais "suggéré" à la page 317 du livre Une vérité qui dérange... "
[1] En plus de l’objet de cet article, il apparaîtrait que le foyer des Gore consommerait 20 fois plus d’énergie qu’un foyer américain moyen. Polémique reprise par L’Express. A noter également la publicité passive pour Apple (dont M. Gore siège au comité de direction) qui est la marque la plus mal notée par Greenpeace dans son classement des marques high-tech utilisant des composants toxiques.
[2] « L’avion charter bien rempli, sans classe affaire, est peut-être douloureux pour les jambes, mais il est plus sobre pour le climat, par rapport aux nombres de passagers transportés. » IFEN
[3] Par « la viande », c’est l’élevage intensif ou extensif, nécessaire pour fournir en viande les concentrations urbaines qui est en cause. Si vous êtes un inuit ou un pygmée vous n’êtes pas concerné par la problématique.
[4] Rapport ministériel « agriculture et environnement » 2005
[5] Pour ceux que le débat intéresse, les bienfaits du végétarisme (surtout si les végétaux sont produits localement et de saison) sont avérés pour la santé des humains, pour l’environnement, l’eau, les forêts, les animaux et aussi pour les carottes et les laitues, nul besoin d’être un génie ou un dictateur omnivore pour comprendre.
21:20 Publié dans Biosphère en danger | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02 octobre 2007
Consommer, détruire, gaspiller, polluer, se servir…
Savez-vous pour quelle raison je vais faire la promo de cette revue ?
Parce qu'elle le mérite.
C'est l'édition française du renommé The Ecologist.
L'Écologiste, c'est à la fois un trimestriel militant, d'information, d'analyse, d'humeur, qui, quand il s'attarde sur un sujet spécifique, fait vraiment le tour de la question.
Il en est ainsi du dossier central du numéro 23 qui fait le point sur l'état (forcément inquiétant, vous pensez...) des forêts dans le monde, situation déjà préoccupante qui se dégrade rapidement de par la déforestation de couverts primaires, en Indonésie principalement, pour cause de place à laisser aux funestes agricarburants.
De même, le constat est noir en ce qui concerne la forêt du bassin du Congo (la 2ème plus grande forêt tropicale humide au monde) livrée au pillage et à l'extraction avec l'aval de la Banque Mondiale.
Un article de ce dossier fait froid dans le dos : le sujet n'est pas très connu et pourtant ça devrait; il s'agit de la commercialisation et de la culture d'arbres transgéniques.
En chine, l'on a planté un million de peupliers OGM, exemples de ces arbres complétement aberrants, du genre arbres "Terminator" qui ne produisent ni fleurs ni pollens, arbres avec un taux réduit de lignine (la lignine, c'est ce qui permet, en gros, à l'arbre de rester debout) car les industriels du papier trouvent qu'il n'y a pas assez de cellulose mais trop de lignine, arbres à croissance accélérée etc.
Les bras m'en tombent ! C'est affolant ! Les arbres génétiquement modifiés présentent tous les risques des OGM agricoles mais... En pire.
Ce qui est bien et chiant à la fois avec ce type de revue, c'est que certes, tu te dis que comme toi, il y a des milliers de lecteurs qui partagent les mêmes valeurs, qui ont les mêmes soucis et que par conséquent, tu n'es pas seul mais d'un autre côté, il y a cette rafale de mauvaises nouvelles quelque peu décourageantes.
Le tigre par exemple. Je restais sur des infos selon lesquelles les populations de ce grand félin se reconstituaient patiemment, en Inde, grâce à des politiques de conservation appropriées.
Eh bien, ce n'est pas le cas. Armand Farrachi, que certains lecteurs et lectrices de ce blog connaissent bien, est allé vérifier sur place ce qu'il en était.
La cata ! Officiellement, les autorités indiennes avancent le chiffre de 3000 spécimens dans les réserves. En définitive, on est plus proche des 800, tout au plus.
Je termine là avec un extrait du billet d'Alain Hervé, en fin de ce numéro. Je partage, le mot est faible, son propos.
Mais que va-t-on devenir ?
" Tant qu'il restait des lions nous avons pensé que nous étions en droit de les tuer, comme le faisait encore un de nos récents présidents de la République. De même nous n'avions pas de scrupules à écraser un serpent, à pesticider des micro-organismes, à violenter la terre nourricière avec des méthodes agricoles à courte vue.
Nous avons même empoisonné l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons.
Bizarre pour un être qui se prétend intelligent.
Jusqu'à ce jour, l'homme était un convive attablé et le reste du monde vivant devait remplir son assiette.
Depuis peu, nous sommes six milliards et demi assis à la même table. Et l'homme sert à quoi ?
Il se sert."
16:55 Publié dans Biosphère en danger | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20 août 2007
La résistance au saccage de la planète a fait escale à Heathrow

Au français, on ne lui la fait pas ! Crise climatique ou pas, respect du protocole de Kyoto ou pas, fonte des glaces polaires ou pas, il ira clamer sa fierté d'appartenir à ce pays qui a construit le plus gros avion du monde, l'A 380, trépignera de joie quand on lui annoncera que la Chine a commandé 50 de ces gros porteurs et que le carnet de commandes d'EADS est plein.
Le français, il a acheté le dernier bouquin de N.Hulot alors l'écologie, faut pas s'en faire, il en maîtrise les enjeux. Il ira visiter le salon de l'aéronautique, admirer le savoir-faire industriel de son pays mais c'est décidé, quand il prendra quelques jours de vacances (une semaine pas plus) au Maroc, il fera le nécessaire pour sensibiliser les quelques marocains qu'il rencontrera (le barman de l'hôtel plus les commerçants) au problème du réchauffement planétaire.
L'anglais, lui, il dort, mange, travaille, discute, manifeste, depuis le 14 août, à Heathrow, l'aéroport de Londres.
Non, pas dans une salle en attente d'un embarquement mais à côté, pas très loin, dans un champ, squatté pour le "Camp for climate action".
Comme plusieurs milliers de ses copains et copines, il fait partie de ces militants écologistes radicaux qui ne se contentent pas de discours convenus et consensuels mais qui agissent.
Ce camp, depuis presque une semaine, s'est installé à Heathrow, en dépit de tentatives d'intimidations de la BAA (l'autorité aéroportuaire) pour protester contre ce qui constitue une aberration écologique : l’aviation est la source d’émission de CO2 dont la croissance est la plus forte, comparée à toutes les autres industries. Il y a en Grande-Bretagne (et dans toute l’Europe) une politique insensée de promotion de l’aviation, ainsi qu’un programme totalement suicidaire d’expansion des aéroports.
Heathrow émet environ 30 millions de tonnes de CO2 par an, soit bien plus que la plupart des pays du globe.
Si cet aéroport était un pays, il serait classé 72 ème en terme d'émission de gaz à effet de serre, sur 212 pays au total.

Ce camp, fonctionnant de manière autogérée, décentralisée, sans leaders, sans organisation hiérarchisée, veut aussi montrer qu'il est possible de vivre dans la durée de façon soutenable (attention, ça ne veut surtout pas signifier "durable", terme trompeur à la base d'une agaçante escroquerie intellectuelle).
Toutes les matières organiques sont recyclées, les matériaux utilisés sont empruntés, réutilisables, l'énergie provient de sources renouvelables (solaire, éolien) et le mode de vie emprunte au végétarisme.
Ce camp est distribué spatialement en villages, chacun d'entre-eux étant localisable par sa cuisine centrale. On peut passer d'un village à l'autre en fonction de ses affinités politiques, géographiques ou humaines.
Il y a des ateliers, des forums, des conférences; la recherche de la confrontation des pratiques, des idées, des réflexions, est encouragée.
Avec un principe essentiel : l'action directe.
L'action directe, c'est ne pas laisser à d'autres le soin de faire ce que tu peux faire toi-même. Tu gagnes en temps, tu t'épargnes des déceptions et des trahisons et tu restes cohérent avec tes choix de vie.
![]()
Le mouvement écologiste en Angleterre (comme aux Etats-Unis d'ailleurs) est plus radical, plus inventif, qu'en France. Il s'inspire assez largement de groupes comme l'ELF (Earth Liberation Front) ou Reclaim the streets, des éco-warriors, de pratiques telles que l'éco- sabotage, l'occupation de sites ou de chantiers, tout en assurant les mobilisations contre les sommets internationaux de type G8 ou OMC.
Militer, c'est également mettre en oeuvre des expérimentations sociales et politiques innovantes.
Le Camp pour l'action climatique quittera les lieux demain 21 août. Après avoir réalisé des actions de masse spectaculaires.
Pour tout savoir sur le Camp c'est ici : http://www.climatecamp.org.uk/
Et, j'allais oublier le principal ! Tout ce que le mouvement écolo radical, " Grassroots" comme on dit, fait de bien est relaté par une petite communauté d'activistes sise à Brighton, qui peut être considérée en quelque sorte comme une agence de presse alternative, éditant toutes les semaines (chaque vendredi) un bulletin disponible gratuitement.
Mais c'est un site également. En anglais évidemment.
L'actualité de ceux et celles qui se battent contre l'aliénation du travail, de la société de consommation, contre la prédation économique des multinationales et le saccage de la planète, c'est SchNEWS : http://www.schnews.org.uk/
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25 juillet 2007
Accident nucléaire au Japon : ouf ! La fuite radioactive s’est arrêtée pile devant le grillage.

Le nucléaire, c’est vachement sûr, on nous assure…
Tout a été prévu, de A à Z. Les accidents prévisibles (fusion du cœur) comme les évènements exceptionnels (séisme ou chute d’avion).
Restons zen.
Les mesures de sécurité ont été bétonnées.
Enfin, en principe…On ne peut jamais exclure une négligence hein ?
Même si les plans sont parfaits (c’est valable pour tout, du montage d’une commode IKEA à la construction d’une enceinte de confinement étanche), la réalisation peut parfois laisser à désirer.
Un exemple ? La mégacentrale de Kariwa, dans la ville de Kashiwasaki (Japon).
C’est à cet endroit , le 16 juillet, que la terre a tremblé le plus fort : magnitude de 6,2 sur l’échelle de Richter.
C’est pas mal.
Mais comme tout avait été envisagé, il n’y avait pas de raison de s’inquiéter.
La sismologie est une vieille science. Le saviez-vous ? La 1ère carte mondiale des tremblements de terre date de …1857.
Le Japon, qui est placé sur une zone de forte sismicité, est habitué à composer avec les tremblements de terre meurtriers et dévastateurs.
C’est vous dire si les ingénieurs qui ont construit cette centrale nucléaire (7 réacteurs, la plus importante au monde en terme de production électrique) ont fait gaffe !
Ils savent qu’il ne s’agit pas d’édifier une simple superette…
Faut pas les prendre pour des cons quand même, non ?
Eh bien si…
Déjà, l'épicentre se situait à une dizaine de kilomètres de la centrale. Bon, on mettra ça sur le compte de la malchance.
Mais là où on rigole, c’est que des études géologiques ont montré que la faille à l’origine du séisme passerait sous la centrale même !
En gros, ça signifie que la centrale de Kariwa est quasiment à la verticale de l’hypocentre, le foyer du séisme.
Voici des gens qui ont des bacs + 8, qui sont chargés de bâtir des ouvrages considérés comme étant les plus dangereux au monde (irradiation accidentelle plus celle, ‘normale’ des rejets plus celle liée aux déchets), qui prennent conscience, après une étude postérieure à un accident, qu’ils ont élevé une centrale nucléaire juste au dessus d’une faille !
On dira que ça craint salement mais le principal, c’est que rien ne soit arrivé de grave car tout avait été envisagé en terme de risque majeur.
C’est ce qu’ils ont toujours affirmé. Les normes parasismiques sont nickel-chrome.
Ainsi, une centrale de cette catégorie est prévue pour fonctionner normalement après un séisme de la plus grande intensité jamais observée dans la région.
Dans le coin, de la magnitude 6, on connaît. On est même allé jusqu’à 8 et plus, c’est vous dire.
Alors, cette centrale, elle a tenu le choc finalement ?
Elle a vibré, forcément.
Des bâtiments se sont fissurés, évidemment.
Les installations ont souffert, le contraire aurait été étonnant.
Tepco (Tokyo Electric Power Co), la société qui gère le parc nucléaire japonais, a admis de suite des dégâts mineurs (un transformateur qui a pris feu) mais pas de quoi dramatiser.
C’était l’affaire de quelques jours de réparation, le temps de refaire les papiers peints et de remplacer quelques flexibles de douche.
Mais le problème avec Tepco, c’est qu’on peut difficilement leur faire confiance.
Les experts emploient le mot ‘opacité’ au sujet de sa gestion.
Quand un expert , qui est quelqu’un de poli et bien élevé dit ‘opacité’, il faut comprendre que c’est le gros bordel en fait.
Depuis plusieurs années en effet, cette société a étouffé un bon nombre d’incidents, dont certains ont été jugés sérieux (en 2003, fuites radioactives, fûts de déchets renversés et ‘ouverts’).
Les organismes et agences en charge de la sécurité nucléaire se sont donc penchés sur le cas de la centrale de Kariwa au lendemain du séisme. Et là, surprise, plus de 67 anomalies ont été recensées.
On ne compte plus en jours de réparation, ni en mois, mais en années ! Il est même question d’une fermeture à durée indéterminée.
Car il n’y a pas seulement eu des bris de matériel. On a constaté des fuites radioactives.
Tepco : "Il y a eu une erreur dans le calcul de la radioactivité de l'eau qui s'est échappée dans la mer". "Mais la radioactivité corrigée reste sous la limite légale et n'affecte pas l'environnement".
Je trouve que ça fait beaucoup, tout ceci ;
-une centrale nucléaire construite en plein sur un foyer sismique
-des normes de sécurité défaillantes
-un fournisseur de services qui ment comme un arracheur de dents
Le problème en cas de fuites, avec le nuage de radioéléments (plutonium et uranium isotopiques) c’est que pour y échapper, une crème solaire protection 40 et des lunettes de soleil, c’est pas suffisant ( sauf si on est éloigné de la frontière).
Mais restons confiants : ça n’arrivera jamais chez nous.
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17 juillet 2007
Harmonie verte et équilibre humain
Chaque jour, dans notre façon de vivre, de manger, de se déplacer, de se soigner, d'acheter, nous faisons des choix qui pèsent d'une façon ou d'une autre sur l'état de la planète, sur son devenir.
Ces choix qui orientent notre sensibilité, ils sont aussi la traduction de notre implication, la preuve de notre engagement.
Revendiquer de belles et généreuses idées sur l'écologie, la solidarité, la protection animale c'est bien mais sans les actes concrets qui leur donnent chair, ça vaut, au final, pas grand chose.
C'est au quotidien que tout se joue. La tâche est immense certes, on se sent souvent découragé par l'ampleur des changements à réaliser. Pis, l'impression d'être isolé dans notre combat en rajoute dans ce sentiment d'une lutte vraiment déséquilibrée .
Surtout que les contre-exemples ne manquent pas, de ces comportements complètement irresponsables qui nous font dire que, décidément, ils n'ont rien compris à préférer la bouffe chimique et raffinée, à se goinfrer de barbaque, à sur-consommer des médocs, à rouler en 4X4, à arroser les greens de golfs etc.
Mais nous sommes nombreuses, nous, personnes de bonne volonté, généreuses et vaillantes.
Quand je vais faire mes courses au magasin bio (c'est une coopérative, les clients peuvent préférer devenir sociétaires et bénéficier ainsi de prix préférentiels), je prends systématiquement les magazines qui sont à disposition, gratuitement, des acheteurs.
Mensuelles, bimestrielles, ces revues ont la particularité d'être tirées à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires et remises à tous les détaillants bio ou diététiques. Elles sont gratuites donc et traitent de toute une floppée de sujets: alimentation bio, végétarienne, recettes de cuisine, prévention, santé, médecines douces ou alternatives, relaxation, écologie, développement personnel, soins du corps, thérapies, commerce équitable, pollution chimique...
Trois revues se distinguent : BIOCONTACT, PLURIEL NATURE et DIET INFO.
La première a ma préférence car profitant en plus d'un réel travail rédactionnel, elle est une mine d'infos, une source de réflexions, de découvertes.
Le numéro en cours de BIOCONTACT (n°171 de juillet-août) a pris comme thème principal celui des 'Fibres & couleurs', c'est à dire qu'il s'interroge sur la qualité naturelle, écologique, responsable, éthique, de nos vêtements.
Le coton tiens ! Il a, pour pas mal de gens (et moi par conséquent), l'image d'une fibre végétale 'saine' et 'naturelle'.
Erreur... Il se trouve que sa culture est une trés grande consommatrice de pesticides mais aussi d'eau d'irrigation.
Et les teintures sont dans leur immense majorité issues de la pétrochimie et certaines sont reconnues comme cancérigènes.
Se fringuer 'responsable', c'est pas évident !
Voilà, tout ça pour dire que si ces magazines sont distribués en grand nombre (BIOCONTACT tire à 177500 exemplaires, PLURIEL NATURE à 100000), aux amateurs de produits bio, à ceux qui recherchent une alimentation équilibrée et respectueuse du bien-être de la planète et de ceux qui l'habitent, c'est que... Forcément, nous sommes nombreux à semer les graines de l'espoir.
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02 juillet 2007
Grenelle de l’environnement : des mots pour le dire, du vent pour le faire
C'est formidable ! On en trépigne de joie. Quelle fête !
Le planning de la préparation du Grenelle de l'environnement, qui aura lieu fin octobre 2007, et dont les travaux seront conclus par Sarko himself, est sorti.
Beaux sujets ma foi...Riches de réflexions à mener, de décisions à prendre.
Ah oui, toute petite précision : fin mai 1968, ce que l'on a appelé les " accords de Grenelle", dont sont sortis des mesures éminemment favorables pour les travailleurs, la classe laborieuse, a été le produit, le résultat d'un rapport de force plus que costaud pour ces derniers.
(faut-il préciser que les patrons, terriblement rancuniers, n'ont pas digéré cette humiliation historique et n'ont de cesse, même en ces temps plus ou moins consensuels, de nous le faire payer au centuple).
Concessions obtenues de la part du gouvernement, du patronat parce qu'ils avaient la trouille, les foies et qu'ils ne sont jamais aussi urbains et commodes que quand ils ont l'impression que ça sent le roussi pour la marche de leurs affaires.
Cherchez, aujourd'hui, l'erreur ! On est proche de l'usurpation, non ?
Des groupes de travail traiteront des thématiques suivantes :
1. lutter contre le réchauffement climatique et maîtriser l’énergie
o Atelier n°1 : Transport et infrastructureransports et déplacements - Déplacements urbains – Transports collectifs- Infrastructures - Report modal - Fret- Véhicules individuels
o Atelier n°2 : Bâtiment et Urbanisme- Etalement urbain- rénovation - Nature des constructions et isolation- Règles d’urbanisme
o Atelier n°3 : Energies- Maîtrise de la demande- Les filières nucléaire, thermique et renouvelable
2. PRESERVER LA BIODIVERSITE ET LES RESSOURCES NATURELLES
o Atelier n° 1 : Patrimoine naturel (indicateurs…)- Conservation des espèces - Forêts - Paysages - Aménagement rural, pratiques culturales- Mer, littoral
o Atelier n°2 : ressources naturelles- Eau- Ressources halieutiques- Biodiversité ultramarine
3. instaurer un environnement respectueux de la santé
- Réduction des substances toxiques, pesticides, Reach- Air intérieur, qualité de l'air, déchets-Réduire les pollutions industrielles, agricoles, etc
4. Agriculture, distribution : favoriser des modes de production et de consommation durables
- Nouveaux produits, filières biologiques, filières de qualité, politique de label, certification des exploitations- OGM - Nouveaux modes d’organisation, circuits de distribution
5. construire une démocratie écologique
- Savoir : expertise indépendante, évaluation, formation - Débattre : réformer les institutions pour prendre en compte le pilier environnemental du développement durable - Décider : nouvelles procédures et nouveaux indicateurs pour une gouvernance écologique- Accéder à l’information
6. promouvoir des modes de développement écologiques favorables à l’emploi et à la compétitivité
- Recherche, innovation- Fiscalité écologique, modification des comportements- Emploi et compétitivité - Flux de matières, déchets, économie de fonctionnalité- Nouveaux indicateurs- Publicité responsable
5 collègesChaque thématique sera traitée par 5 collèges : ONG - Syndicats - entreprises- Etat- Collectivités locales
Chaque collège sera composé de 8 personnes environ. En plus des collèges, des personnes qualifiées pourront être invitées aux discussions. Chaque collège aura un président issu de la société civile et un rapporteur qui sera un fonctionnaire, chargé des comptes-rendus.
Des mesures clés
Des propositions de mesures clés seront discutées lors du Grenelle. Environ 2 à 3 mesures devraient être adoptées pour chaque thème
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