14 mai 2008

A Luchon, quand l'ours est jeté à terre, la bêtise relève la tête

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Mais non, ça n'a rien à voir !

Il n'y a aucun rapport, mal intentionnés que vous êtes, entre les dégradations, les intimidations qui ont eu lieu à Luchon (Haute-Garonne) ces derniers jours et la tenue d'un colloque, dans cette même ville, du 15 au 17 mai, sur le thème "Des ours, des loups, des hommes : initiatives européennes pour la cohabitation et la valorisation".

Ce symposium qui rassemblera plusieurs acteurs et professionnels engagés dans l'amélioration de la coexistence entre les grands prédateurs et l'agriculture, notamment de la cohabitation homme/ours, est un évènement majeur car il balaiera toutes les questions liées à la problématique (système d'indemnisation des dégâts, renforcement de la protection des troupeaux ovins, valorisation de l'écotourisme...).

Est-ce pour cela que la nuit tombée, par deux fois, les 07 mai et 13 mai, des vandales ont commis des exactions, fait débuter des incendies pour mettre la pression sur les bonnes volontés qui recherchent des solutions raisonnées et de bon sens ?

Il y aurait-il une stupide volonté de nuire ?

A la lecture (dans la Dépêche du Midi) des propos de Francis Ader, président de l'Adip, l'association de défense de l'identité pyrénéenne on se dit qu'effectivement, ces déprédations ne sont que pures coincidences :" C'est de la provocation de tenir une telle réunion, ici, dans les Pyrénées. Nous sommes contre, c'est tout. Nous n'organiserons rien officiellement mais nous ne garantissons pas de tenir la base".

 

23 mars 2008

Osons ! Sauvons le vison de Langon

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L'autoroute est peut-être de Gascogne mais le vison n'est pas très vaillant.

Je vais te raconter une belle histoire. Emerveillé tu seras. Elle ne se déroule pas en des temps très anciens mais au contraire, elle connaîtra son épilogue prochainement, sous l'ère Sarkozienne.

Où il est question de relier, par une autoroute (A65), Pau à Langon.

Pourquoi ? Pour relier Pau à sa capitale régionale, Bordeaux et mettre cette dernière à proximité des stations de ski pyrénéennes (en jargon technocratique, ça s'appelle dynamiser le secteur touristique des Pyrénées centrales).

Autre avantage avancé, ce tronçon de 150 km (2X2 voies) permettra de désenclaver Mont-de-Marsan (amélioration des dessertes).

Langon, si tu n'as jamais eu une carte routière de la région Aquitaine sous les yeux, est, je te le précise, une commune située à quelques 40 bornes au sud de Bordeaux, sur la A62 en direction d'Agen. 

Donc, la réalisation de cette autoroute dite de Gascogne est prévue pour octobre 2010 et a été confiée à A'LIENOR, une structure dédiée composée des groupes EIFFAGE (concessionnaire et constructeur) et SANEF (opérateur de réseau).

Ce projet d'autoroute a bien sûr des opposants. Pour tout un tas de bonnes raisons : il néglige l'intérêt écologique des zones humides traversées où vivent de nombreuses espèces en danger, c'est un projet d'une autre époque, qui ne tient pas compte du défi climatique, des enjeux environnementaux car élaboré sans réflexion énergétique...

Cette autoroute A65 a été qualifiée d'inutile par les opposants regroupés sous le vocable de 'l'appel des 9 fontaines', inutile et néfaste car elle détruirait des milliers d'hectares de forêt, de zones humides, enterrant à l'occasion deux espèces en grande précarité, l'Ecrevisse à pattes blanches et le Vison d'Europe.

Le Vison d'Europe, justement.

Mustela Lutreola. Il ne subsiste (avec quelles difficultés !) que dans quelques départements.

Il est de la famille des mustélidés, comme la belette, la fouine, le putois ou encore l'hermine.
Il vit près de l'eau, surtout la nuit et au crépuscule.

Jeudi 20 mars, le Comité permanent  du Conseil national de protection de la nature a estimé que les mesures de compensation vis-à-vis de la protection de ce petit animal à fourrure présentées par la société A'LIENOR restaient insuffisantes et a rejeté à l'unanimité moins une abstention la "demande d'autorisation de destruction d'espèces protégées".

Ce Comité, ce n'est pas n'importe quoi;  il s'agit de la structure permanente du Conseil national de la protection de la nature (présidé par le ministre de tutelle) qui a pour mission de donner un avis au ministre et de préserver et restaurer la diversité de la flore et de la faune sauvages et des habitats naturels.

Composé de 14 membres, ce Comité permanent se réunit toutes les fois qu'il est nécessaire.

Autrement dit, l'avis qu'il a donné à Jean-Louis Borloo sur l'autoroute de Gascogne constitue un sérieux coup d'arrêt au projet.

Les experts d'A'LIENOR avaient d'ailleurs reconnus, sans qu'on les y contraigne, que les mesures qu'ils se préparaient à prendre pour protéger le vison ne seraient assurément pas suffisantes.

L'avis du Comité permanent est consultatif. La décision appartient désormais à Jean-Louis Borloo qui, souvenez-vous en, s'était engagé, au sortir du Grenelle de l'environnement, à geler les nouveaux programmes autoroutiers et à stopper la perte de la biodiversité à l'horizon 2010.

Ce projet de la A65 a du plomb dans l'aile. Même s'il va être amélioré pour être représenté au Comité permanent.

De vous à moi, je crois savoir que le ministre est très attaché à l'esprit du Grenelle de l'environnement.

Espérons. Les travaux sont stoppés. C'est déjà ça.

 

16 mars 2008

Les Jardiland sont des dépôts d’armes de destruction massive

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Sur cette terre, l'homme est un passager extrêmement dangereux, habillé de faux bons sentiments.

Lauriane D'Este, dans son dernier ouvrage "La fin annoncée d'Homo Sapiens Sapiens" n'y va pas par 4 chemins.

En détruisant, aveuglément mais méthodiquement (oui c'est possible) les maillons, tous les maillons, de la chaîne du vivant, de la biodiversité par conséquent, il se suicide.

Il faut croire que cette évidence est si transparente qu'elle n'interpelle plus grand monde.

Sauver la biodiversité, c'est sauver l'homme. Mais en l'espèce, faudra pas compter sur un patriarche nommé Noé pour faire le taf.

Les raisons de l'hécatombe sont connues. Le triste tableau est visible par tous. 

Et que fait Prométhée ? Rien ! Il revient déjà des sports d'hiver après avoir fait des centaines de kilomètres pour pouvoir skier 4 jours, le reste peut attendre.

A ce maître et seigneur de la nature, je conseille de lire le texte qui suit. 

Ecrivain, voyageur éternel, vagabond planétaire, Sylvain Tesson a publié un remarquable et terrible papier ce jeudi 13 mars dans le quotidien Libération.  
Tu sais, ces propos qui te font dire : "Ça c'est envoyé, c'est exactement ce que je voulais balancer, mais en mieux".

Déjà, le titre est scotchant. Il fait évidemment référence au docu de l'avant-veille passé sur Arte qui révèle les turpitudes de Monsanto, nécroentreprise, l'empire du mal.

Mais la réflexion de S.Tesson va bien au delà de la dénonciation d'un species killer.

Vérifie ! 

Le pesticide, ce cousin du cavalier mongol

Les déjeuners sur l’herbe des années 80. Les guêpes lançaient leurs raids sur les tartines, les colonnes de fourmis, leurs assauts dans les coupelles. C’était presque impossible de se coucher dans l’herbe.
 
Près de trente ans plus tard, forêt de Fontainebleau par un matin de l’hiver 2008 : ambiance à la Ray Bradbury après l’hiver nucléaire. Pas un vrombissement, pas un bruissement. Sur l’allée, un bousier agonise. Une mouche traverse l’air, seule. La forêt ressemble à un sépulcre.

Dieu.
Gérard Luquet est un lépidoptériste inquiet. A force de passer sa vie la barbe enfouie dans les herbes, ce professeur du Muséum d’histoire naturelle a remarqué que la vie s’effondrait dans les espaces naturels franciliens.
 
Il y a longtemps que les larves du hanneton ne labourent plus les champs de Beauce. Mais aujourd’hui on est presque en peine de trouver un papillon sur les corolles. En langage scientifique, cela s’appelle
«érosion de la biodiversité».
 
Le bassin parisien n’échappe pas à la tendance planétaire : sous la pression des 6,5 milliards d’humains, 2 à 3 espèces vivantes s’éteignent à chaque heure.
Le biologiste Edward O. Wilson prédit la disparition de 30 à 40 % des espèces d’ici à 2050. On s’inquiète un peu pour le loup et la baleine.

A Pau, le tribunal jugera le tueur de l’ours Cannelle.
Mais les insectes ? Qui s’inquiète de la partie immergée de l’iceberg ?
Saisit-on que ce qui se voit se nourrit de ce qui ne se voit pas ? Ni les sols ni les fleurs ne survivraient à la disparition des insectes.
 
Ni les hommes. Les Égyptiens le savaient : ils avaient fait du scarabée un dieu.
Dans son laboratoire, Luquet égraine la liste noire : 18 % des espèces d’orthoptères et 34 % des espèces de lépidoptères ont disparu de l’Ile-de-France, 50 % des oiseaux ont déserté Paris, plus de 40 % des papillons encore présents connaissent une inquiétante régression.
 
Le nettoyage par le vide commence en 1950. L’urbanisation étend ses tentacules de béton, gagnant sur les milieux naturels.
L’Ile-de-France, c’est Calcutta. Onze millions de Franciliens sur 2 % du territoire national. Toute nouvelle route est une balafre qui cloisonne l’espace.
 
Comment deux charançons amoureux séparés par l’autoroute A 86 peuvent-ils s’y prendre pour convoler ?
Puis l’agriculture et la sylviculture industrielles tuent les sols. Le pesticide est un cousin du cavalier mongol. Papillons et coléoptères meurent de la concentration de nitrites dans les plantes.
 
On croirait du Péguy : le petit peuple tombe au pied des épis mûrs. Les paysages nous trompent. Ils donnent à la campagne le visage de la Nature.
 
On croit qu’il faut se réjouir de ce que les terres cultivées occupent la moitié de la surface de l’Ile-de-France mais on ignore qu’il y a davantage de vie dans la cour carrée du Louvre que dans un champ de blé traité du Gâtinais.
  
«Il y a les jardins !» diront les optimistes. «Des zones quasi abiotiques», corrige Luquet, lucide.
 
Dans les campagnes mitées de pavillons, les jardiniers de la rurbanisation noient de fongicides leur pré carré pour obtenir un gazon au garde-à-vous, droit dans ses mottes, où assister confortablement à l’épanouissement des géraniums asiatiques et des thuyas mortifères.
 
Les Jardiland sont des dépôts d’armes de destruction massive.
  
En 1990, deuxième coup de glas pour la nature francilienne. Le réchauffement global pousse certaines espèces méditerranéennes vers le nord.
Pour les insectes provençaux, l’Ile-de-France devient vivable. C’est l’alerte ! Luquet tient la carte de l’avancée des fronts, comme à la guerre. La thécla des nerpruns est dans l’Essonne. La mante et les processionnaires sudistes ont gagné Fontainebleau.
Le grillon d’Italie est déjà chez les ch’tis ! Les espèces franciliennes de souche dites eurosibériennes (ce vieux rêve poutinien, réalisé par les entomologistes !) disparaissent du bassin parisien, cherchant le froid vers le septentrion.
  
«Le problème, dit Luquet, est que la proportion d’insectes qui migrent vers les hautes latitudes est supérieure à celle d’espèces qui arrivent.»
L’Ile-de-France, terre d’abandon.
Silence.
 
La vie vaut-elle la peine dans un monde déserté par l’azaré de l’esparcette, le dectique des brandes et l’hespérie des potentilles ?
Veut-on que les enfants grandissent sans savoir que la mélitée a pianoté sur les digitales ?
Pourquoi les bêtes s’opiniâtreraient-elles dans un monde désenchanté ?
«La biodiversité recule», disent les naturalistes.
Les dieux se retirent, écrivait Léon Bloy. Ils emportent avec eux leurs joyaux : coléoptères et papillons.
Les futaies s’emplissent de silence, cet écho du progrès.

19 février 2008

La chauve-souris et le TGV

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Le projet LGV (Ligne à Grande Vitesse) Rhin-Rhône est entré en phase de réalisation depuis juillet 2006 avec les travaux de génie civil.
Cette ligne Est reliera Dijon à Mulhouse en passant par Besançon, Montbéliard...

Mais je ne suis pas là pour faire la promo de RFF ( Réseau Ferré de France), tu es bien d'accord ?

Par contre, si je peux attirer ton intérêt sur le sort malheureux qui attendait plusieurs milliers de chiroptères sans l'intervention de Sébastien Roué, je ne vais pas me gratter.

Un chiroptère, c'est un mammifère vivant la nuit, doté d'ailes membraneuses; une chauve-souris, si tu préfères.
Et bien, du côté d'Ougney, dans le Jura, il y a des colonies conséquentes de ces bestioles. On y estime la population à 8000 (il y a des Grands Murins, des Ryhnolophes Euryales mais aussi des Minioptères de Schreibers).  
Ces chauves-souris vivent à proximité des futures voies et la catastrophe était prévisible.
Dès la nuit tombée, quand le moment de la chasse arrive, personne n'aurait pu éviter les collisions et la disparition rapide de ces colonies.

Certaines espèces chassent notamment à faible hauteur, avec un vol lent.

Un gars, Sébastien Roué, chargé de mission " Chauves-souris" à la Commission de protection des eaux, de Franche-Comté, s'est démené grave pour trouver des solutions.Avec la participation honnête et intelligente de RFF et après analyses des études de terrain (le territoire de chasse s'étend sur 35 km et 12% des chiroptères coupent le tracé futur), des aménagements ont été mis en place.
En profitant du rétablissement du lit de cours d'eau, d'une route, des passages sous les voies ont été agrandis pour servir de tunnels à chauves-souris. 

Mais comment être sûrs que ces animaux, même s'ils sont futés, emprunteront ces passages protégés ?

Tout simplement en plantant des arbres de la sortie des grottes jusqu'aux passages car les chauves-souris se déplacent en fonction du paysage.

Elles seront donc incitées à suivre ces itinéraires 'balisés' naturellement.

Et voilà ! Elles ne craignent plus grand chose.

Comme quoi, avec un peu de bonne volonté, de sous et profitant du bon boulot des ingénieurs, il est possible d'intégrer le souci de préserver le vivant dans les grands projets d'infrastructure.

Ah oui, petite précision : la préoccupation environnementale est désormais une responsabilité imposée par l'Union Européenne.
Les impacts d'un projet sur la faune, la flore, les ressources naturelles sont désormais pris en considération.
Une espèce comme le Grand-Murin, par exemple, est concerné par la directive Habitats en annexes 2 et 4.

Mais il en a fallu des batailles !

 

18 janvier 2008

Détruisez l’environnement et l’environnement vous détruira…

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En y repensant, c'est une formidable nouvelle que celle du jugement exemplaire et inédit prononcé par le Tribunal correctionnel de Paris à l'encontre de Total et de 3 autres prévenus dans le dossier de l'Erika.

Il faudra en mesurer toutes les implications futures. D'ores et déjà, la notion de préjudice écologique est traduite en droit français.

C'est bien plus prometteur que les gesticulations fantaisistes des adeptes du développement durable (pour qui ? Certainement pas pour la planète) à la mode Hulot ou les grandes résolutions à la gomme du Grenelle de l'environnement, dont on devine qu'elles amusent la galerie pendant que les affaires (le pillage des ressources naturelles, pour être direct) continuent.

Avec ce jugement, en notre beau pays arrosé de pesticides, où les sols deviennent infertiles et les eaux accueillent force intrants chimiques, il y aura matière à poursuivre, désormais, tous ceux qui se revendiquent du droit du plus fort.

Je vais faire sobre sur le coup.
Me contenter de l'excellent communiqué de la LPO, partie civile dans l'affaire de l'Erika.
Car il donne confiance aux individus qui refusent les empoisonnements, les pollutions, les saccages, les contaminations, toutes ces horreurs perpétrées au nom du profit, du fric, du pognon.

Les quelques 150000 oiseaux de mer victimes de cette catastrophe  n'ont pas pu jouer les prolongations. Excusez-les.
L'eider à duvet (photo de droite) a disparu des côtes françaises depuis l'année 2000.
Il s'en fout, de ces dommages et intérêts que Total  ne manquera pas de raquer parcimonieusement après avoir exercé tous les recours.
Il s'en fout car la vie était devenue invivable.
D'ailleurs, il est mort.

Erika : la reconnaissance du vivant non-commercial, une grande victoire pour la LPO et la biodiversité !   

Le 16 janvier, la 11e Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris  a rendu son jugement dans le procès de l’Erika.
Pour la première fois en France, le préjudice écologique, résultant de l’atteinte portée à l’environnement, a été reconnu !
La LPO salue cette décision sans précédent de reconnaissance du vivant non-commercial et espère qu’elle fera œuvre de droit au niveau national et international. Il s’agit en tout cas d’une grande victoire pour la biodiversité !
 
  
Fin janvier 2002, deux ans après le naufrage de l’Erika, la LPO a déposé plainte auprès du Tribunal de Paris, pour que soit reconnus trois chefs de préjudice : le préjudice moral, le préjudice économique et le préjudice écologique.

Le 16 janvier dernier, huit ans après les faits et quatre mois de procès (12 février-13 juin 2007), la LPO, défendue par ses avocats Maître François-Xavier Kelidjian et Maître Eric-Denis Ferré, a assisté à la lecture du jugement devant la 11e Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris.

Le Tribunal, par la voie de son Président Jean-Baptiste Parlos, a condamné les prévenus, personnes morales et physiques, à des amendes maximales (Total SA et Rina : 375 000 euros ; l’armateur et le gestionnaire : 75 000 euros) et à verser solidairement des dommages et intérêts aux parties civiles (192 millions d’euros).
 
Si Total décidait de faire appel de cette décision, ce serait indécent et méprisant à l’égard du vivant, compte-tenu, notamment, des efforts médiatiques déployés actuellement par la compagnie sur la protection de la biodiversité et de l’environnement.
Parmi les associations de défense de l’environnement, la LPO est celle qui a obtenu les plus fortes indemnités : 75 000 euros pour les frais de justice, 100 000 euros pour le préjudice moral, 300 000 euros pour le préjudice économique non réparé par le Fipol et 300 000 euros pour le préjudice écologique.
Il s’agit là d’une reconnaissance des compétences d’une ONG et du travail de milliers de bénévoles. 
 

C’est, en particulier, sur ce préjudice écologique que la LPO entendait obtenir satisfaction. L’enjeu majeur du procès de l’Erika, pour la LPO, était de voir cette reconnaissance du préjudice environnemental étendue à l’avifaune sauvage.
En effet, ce dernier permet aux associations de défense de l’environnement, gérant des espaces naturels, de demander réparation.

La situation est historique. Cette décision est une première en France. Nous espérons qu’elle permettra de planter les racines d’une jurisprudence et conduira à davantage de respect et d’indemnisations potentielles à l’égard de la nature.
Il s’agit en tout cas, d’ores et déjà, d’une grande victoire pour la biodiversité !
 

Allain Bougrain Dubourg
Président de la LPO

 

22 décembre 2007

Chasse à la baleine : noël rouge et glacial dans les mers australes



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C'est une toute petite victoire mais c'est une victoire quand même.

Le Japon a donc annoncé qu'il retirait la baleine à bosse de sa sanglante liste de chasse.

Mais le massacre va débuter, là-bas, dans les eaux glaciales de l'Antarctique.

La navire de SSCS, l'organisation de Paul Watson, traque la flotte baleinière japonaise et son gigantesque abattoir flottant, le Nisshin Maru, dont il se murmure qu'il partira à la casse bientôt car trop vieux... pour être remplacé par un navire usine flambant neuf et plus performant.

La chasse à la baleine n'a pas de justification économique, encore moins scientifique. La consommation domestique de viande de baleine est marginale et cette activité ne pèse rien dans le PIB du Japon.

C'est bien et uniquement une question de fierté nationale. Ce pays persiste à conduire ces campagnes cruelles, à ignorer les blâmes des autres nations, à défier les lois internationales, pour des raisons d'honneur.

On en est là. L'équipage du bateau amiral de Sea Shepherd Conservation Society s'apprête donc à passer les fêtes de noël dans les mers australes.

Ce samedi 22, Le Steve Irwing a fait une escale technique à Hobart pour faire le plein de fuel et procéder à quelques réparations du moteur.

Il va repartir aussitôt.

Parallèlement, l'Esperanza, le bateau de Greenpeace, trace la même route.

En dépit du contentieux qui perdure entre Greenpeace et SSCS, Paul Watson a proposé à cette ONG le partage des moyens et notamment de l'hélicoptère appartenant à SSCS; il ne rime à rien, en pareille occasion, de se faire la gueule mais bon, Greenpeace n'a pas réagi...

  

07 décembre 2007

Les lois de la Nature n’ont pas été abrogées


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A l'heure où les premiers heurts surgissent, les portes claquent et les illusions disparaissent dans le cadre du post-Grenelle (je rappelle qu'une loi d'orientation sera présentée au premier semestre 2008 et qu'aujourd'hui, l'un des acteurs principal, Alliance pour la planète, a décidé de suspendre sa participation à la suite de la publication de l'arrêté suspendant la cession et l'utilisation des semences de maïs MON-810), il me semble nécessaire de préciser que toute politique environnementale, même volontariste, ne peut s'exonérer des grandes leçons de l'évolution.

L'une de ces leçons, la plus importante je crois, c'est qu'en augmentant sa diversité, un système élargit la gamme des pressions écologiques auxquelles il est capable de faire face.

Pour faire simple : la diversité organisée permet de faire face aux agressions, qu'elles soient internes ou externes.

Ce principe, il était intégré par la paysannerie traditionnelle; cette dernière était davantage soucieuse de réduire la vulnérabilité des plantes cultivées que de maximiser les rendements.

A cet égard, la préservation des variétés des semences, les techniques et les calendriers de mise en culture répondaient à ce danger : l'uniformité, c'est la mort.

Pour faire encore plus simple : les monocultures sont presque toujours prédisposées à la maladie. Quelles soient génétiquement modifiées ou non, baignées de pesticides,nématocides, rodenticides, fongicides ou non.

Les monocultures satisfont les appétits et l'expansion des marchés. L'industrialisation de la production est biologiquement, écologiquement, socialement, destructrice.

Les résultats sont d'ores et déjà désastreux. Ils le seront davantage.

Ce Grenelle de l'environnement n'a pas su ou voulu reconsidérer l'erreur qui est celle de l'agriculture intensive : croire qu'il y a des substituts efficaces à la diversité.

En tout cas, ce ne sont pas les objectifs du bio (10% en 2010, 20% en 2015) qui vont contrarier ce mouvement lourd vers l'effondrement de la diversité génétique.

La voie est libre pour les catastrophes.

La disparition des abeilles de par le monde est un signal : c'est pour bientôt.

  

18 octobre 2007

Butterfly, butterfly !

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Ils sont des dizaines de milliers à voleter dans le ciel, donnant à celui-ci une couleur pourpre.

C’est un spectacle renversant, d’une beauté à couper le souffle.

On a dénombré, un certain 3 avril 2005, près d’un million de spécimens !

A Taiwan, ce papillon, le Pourpré (famille des Nymphalidae, genre Euploea) quitte le sud, ses vallées de prédilection, chaque année au printemps, pour retrouver des lieux un peu plus chauds dans le nord et entamer le cycle de sa reproduction.

Ce faisant, il est obligé de croiser un segment d’autoroute dans le comté de Yunlin et là, c’est l’hécatombe. Lui et ses congénères finissent écrabouillés par les roues des voitures.

Le gouvernement de Taiwan, pays également appelé le royaume des papillons, a pris les dispositions nécessaires pour corriger ce problème.

Fermeture d’une section à la circulation pendant les pics de migration (du 26 mars au 6 avril), aménagement d’un passage à papillons sur près de 600 m, filets posés au dessus des voies pour forcer les papillons à voler plus haut et enfin, installation de lampes UV sous le pont de Chingshue Brook pour attirer les bestioles et les inciter à voler dessous.
Bin oui, ils ne sont pas très fûtés, nos amis.

Même si la voie est large, bien dégagée sous le pont, ils persistent, avec difficulté en plus, à survoler le pont.

Pour bien faire les choses, une équipe bien fournie de techniciens, de scientifiques, est détachée par les autorités taiwanaises pour veiller à la protection de ce couloir de migration.

Pour ceux que ça intéresse, ce phénomène est similaire à celui du papillon Monarque du Mexique.

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En effet, annuellement, en automne, des millions et des millions de Monarques partent de l’Amérique du nord et du sud du Québec pour rejoindre les vallées montagneuses du centre du Mexique (dans le Michoacán).

C’est tellement époustouflant que des agences de voyages organisent des séjours pour assister au spectacle de ce retour. De l’écotourisme en somme.

Manque de bol, quand je suis allé au Mexique il y a quelques années, dans le coin, à Morelia, c’était au printemps. Tout faux !

Ceci étant, je trouve ici matière à ne pas désespérer totalement de la volonté de l’humanité de protéger la biodiversité en constatant que les gouvernements de Taiwan comme du Mexique font de ce cas d’espèce des causes nationales

13 septembre 2007

La perte des espèces est notre propre perte

   99% des espèces animales et végétales en voie d'extinction le sont du fait de la présence envahissante et prédatrice de l'homme.

Ce n'est pas moi qui le dit ! C'est l'IUCN (International Union for the Conservation of Nature) qui représente 83 pays, 110 organismes gouvernementaux, plus de 800 ONG, qui l'affirme.

L'IUCN vient en effet de publier hier son dernier rapport, La Liste rouge des espèces menacées, pour l'année 2007.

Ici  : www.iucn.org/themes/ssc/redlist.htm  (Il y a une carte interactive par régions et une base de données avec des fonctions de recherche par nom commun ou scientifique). 

Eh bien, c'est pire que prévu ! C'est la cata...

La situation se dégrade à tout vitesse; près de 200 espèces se sont ajoutées cette année à la déjà longue liste (16306) des espèces menacées d'extinction.

Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70% des plantes sont dans une position critique.
785 espèces sont déjà éteintes et 65 survivent seulement en captivité ou à l'état domestique.

Parmi les sujets d'inquiètudes les plus vives, il y a les grands singes. Les orangs-outans bien sûr, victimes de la déforestation en Indonésie (il faut bien que les forêts tropicales laissent la place au business juteux des agrocarburants, n'est-ce pas ?).

A cet effet, à Bornéo, l'IUCN constate que la superficie des plantations de palmiers à huile est passée de 2000 km² à 27 000 km² entre 1984 et 2003, ce qui ne laisse que 86 000 km² d'habitat disponible pour l'espèce dans toute l'île.  

Et également les gorilles d'Afrique de l'ouest. Le gorille des plaines, par exemple, dont les effectifs ont chuté de plus de 60% depuis 25 ans.

La surpêche maintient la pression sur de nombreuses espèces de poissons, tout comme la demande du commerce pour les aquariums.
Le poisson-cardinal de l’île de Banggai ou apogon de Kaudern (Pterapogon kauderni), très recherché par les amateurs d'aquariums, est inscrit pour la première fois sur la Liste rouge de l'IUCN, dans la catégorie 'En danger'.

La désolation, je vous assure. 
La situation des plantes est aussi peu réjouissante.
8447 espèces (sur les 12043 recensées par l'IUCN) sont menacées de disparition.

Les efforts, pourtant méritoires, pour sauver ce qui peut l'être, sont nettement insuffisants.

Sincèrement, c'est très mal barré ! La biodiversité est en grand péril.

Qui croit, aujourd'hui, que nos mentalités individuelles et collectives iront en s'améliorant pour préserver la planète et ceux qui, depuis les temps immémoriaux, bien avant l'émergence de l'homo sapiens, sont en train de crever sous les coups de ses activités mortifères ?

Faut-il penser que cette agressivité destructrice est inscrite dans nos gènes et qu'en définitive, c'est notre propre fin que nous préparons, patiemment, l'air ahuri par l'étalage de nos pratiques irresponsables ?

Cyniquement, on pourrait d'ores et déjà dresser la liste, noire celle-là, des espèces qui continueront l'aventure de la vie sur cette terre ... sans nous !

     

10 août 2007

Biodiversité : ce siècle qui débute sera un long faire-part

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Regardez bien la photo de ce dauphin curieux, pâle et muni d'un long nez.

Vous n'aurez jamais l'occasion de le voir en vrai, même en captivité dans un bassin. Jamais.

Cet animal a été effacé de la surface de la terre il y a peu.
20 millions d'années d'évolution de gommées.

Il s'agissait du dauphin blanc de Chine, un cétacé qui vivait dans les eaux troubles du Yangtzé.

Sa disparition est très dommageable car il était un peu plus qu'une espèce de cétacé. Compte tenu de son passé, il pouvait être considéré comme une famille à lui tout seul (dans la classification, la famille est l'ensemble qui vient immédiatement après l'ordre).

A ce titre, c'est la 4ème famille de mammifères qui disparaît de la surface du globe depuis 1492, depuis que Christophe Colomb eut lancé la colonisation du continent américain.

Les chinois sont attristés, semble-t-il, du sort désolant qui a été réservé à cet animal, car il était, pour eux, plus qu'un dauphin. Il avait une valeur symbolique forte, liée à une histoire mythologique. Il était surnommé " la déesse du Yangtzé".

Mais, notons-le, ils n'ont rien tenté pour contrarier l'extinction de cette espèce. On peut même dire qu'ils l'ont provoquée.

Cet animal vivait dans un foutoir mécanique (turbines), métallique (hélices), saturé d'hydrocarbures.

Les biologistes anglais qui ont tenté, en vain, de retrouver des spécimens de ce dauphin blanc en parcourant le fleuve ont compté 19830 navires sur 1669 km, soit 1 porte container tous les 800 m.

Pollution, trafic fluvial intense : voilà les causes de la disparition de ce charmant mammifère.

Il faut bien avoir conscience que chaque année, une espèce animale passe de vie à trépas. Au cours du 20ème siècle, il y a eu autant de disparitions que depuis 2000 ans.

Et ce nombre ira croissant si rien n'est fait pour leur protection. On a estimé qu'à la fin du siècle dernier, c'est un sixième des espèces vivantes (animales et végétales) qui ont été éliminées de la planète par la faute des activités humaines.

Un seul bulldozer suffit à éliminer à jamais des espèces végétales uniques et avec elles, les animaux qui s'en nourissent et qui se succèdent dans les chaînes alimentaires.

Dégradation des écosystémes par la pollution, l'urbanisation, la construction de routes, l'industrialisation;
Destruction des milieux naturels par la déforestation et l'agriculture intensive.

Ce qui est irremplaçable n'a pas de prix ! Ce dauphin blanc ne sera plus et rien ne pourra lui redonner vie.

Les espèces menacées par notre présence envahissante et irresponsable sont très nombreuses.

Cependant, comme dirait l'autre, reconnaître l'inévitable, ce n'est pas l'accepter.

       

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