31 janvier 2009

Le sang, le sang, qu'est-ce qu'il a fait de vous, le sang ?

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Le fait divers dégueulasse que je vais te narrer m'a rappelé un film, un très bon film.
Quand j'ai eu connaissance de ce truc là, le rapprochement s'est fait immédiatement.

Ce film date de 1975. Il a été réalisé par Serge Leroi; c'est fort, efficace et il laisse des traces indélébiles dans la tête de celui qui l'a vu. Les acteurs (Ph.Léotard, J.P. Marielle, M.Lonsdale...) sont remarquables.
Il s'intitule La Traque.
L'histoire déroule la journée ignoble de sept chasseurs, dans la froideur d'un hiver normand. Ces chasseurs sont issus de la bonne bourgeoisie française. Ils se tiennent les uns les autres par des secrets, des intérêts réciproques, des lâchetés inavouables, une solidarité de classe.

La matinée a débuté dans un relais de chasse. Entre ces tueurs notables, l'alcool a circulé. Les esprits se sont échauffés. Les pulsions ont pris le dessus. Sans difficulté. Ils se sont lâchés, comme on dit aujourd'hui.
Ils avaient repéré une proie. Une jeune femme qui avait eu le malheur de croiser leur chemin quelques heures auparavant.
Ils l'ont violée.
Mais sa fuite les a ennuyés. Elle ne devait pas parler. Surtout pas. Question d'honneur. De notoriété. La traque a alors débuté...

Retour dans le présent.

Les conditions étaient similaires, le 05 décembre 2007 à  Moncelle (Ardennes).
Ils étaient 15 viandards, invités au restau par un homme qui 'compte'. Un notable, comme qui dirait.
En début d'après-midi, ils sont sortis de table complètement mûrs, travaillés par l'apéro, la bibine et le pousse-café.

L'appel du sang s'est fait aigu. Lancinant. Vite ! Passer à l'acte...

Ces pourritures ont ramassé leurs flingues, sont allées à proximité de l'autoroute et après rabattu une petite trentaine de sangliers vers les grillages de protection, ont procédé à un véritable carnage.

Toutes les bestioles ont été pulvérisées en quelques secondes. On a compté plus d'une centaine de coups de fusils.
Un bain de sang. La démence. La haine du vivant à l'état pur.

Le chef de ce gang a voulu tout prendre sur lui. Il s'est sacrifié. En échange de ce pacte de sang, un mutuel silence.Et de la complaisance.
Le procureur en poste à ce moment là était lui-même chasseur. On peut dire que ça aide. Difficile d'étouffer l'affaire mais bon... Un seul responsable, ça vaut mieux que quinze... Faut penser à la réputation.Ce sont des gens biens, qui vont à la messe...Passer pour un taré, humm...

Le tribunal correctionnel a condamné Cyril. D., seul prévenu par la grâce de la solidarité du monde de la chasse, à deux ans de privation du droit de chasser, de détenir un plan de chasse et à payer 1500  euros d'amende au titre des dépens et à verser quelques menus dommages et intérêts (de l'ordre de 100 euros) aux plaignants.

 

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