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31 mai 2008
Ofir Drori, t'es vraiment un crack !
Ofir Drori, quand il veut traverser une rue, il a plutôt intérêt avant à regarder précautionneusement vers sa droite et vers sa gauche.
Le nombre de personnes qui seraient soulagées qu'il ait un accident bête (ou qu'il ramasse une balle perdue) est élevé.
Ofir Drori est fort, très fort. Ofir Drori est magistral, sympa, solide.
J'ai appris son existence en visitant le blog de Michelle. Un article tiré de l'hebdo Le Point parlait de cet homme hors du commun qui a créé, en décembre 2002 au Cameroun, une association dénommée LAGA (Last Great Apes organisation), à savoir, l'Organisation pour la Défense des Derniers Grands Gorilles.
Ofir Drori est israélien. Baroudeur invétéré, il a posé ses maigres bagages à Yaoundé pour s'engager dans la défense des grands singes (Gorilles, chimpanzés) d'une façon originale et percutante (et dangereuse).
Faisant le constat, partagé par beaucoup, que l'insuffisance des moyens financiers et matériels, humains (en cadres techniques, en rangers), la corruption, font que les mesures législatives pourtant très protectrices n'empêchent pas le braconnage et le trafic à grande échelle, il s'est décidé à faire appliquer la loi et les sanctions qu'elle prévoit.
Il a ainsi constitué une équipe d'une douzaine de personnes. Enquêteurs, juristes, chargés en communication sont à l'affût de tous les réseaux, même des plus modestes, de trafiquants.
Ils tendent des pièges en se faisant passer pour des acheteurs d'ivoire, conduisent des infiltrations, vont perquisitionner accompagnés de policiers intègres dans des maisons où ils trouvent des congélateurs remplis de viande de gorille, interpellent lors de flagrants délits, vérifient que les braconniers ont bien été incarcérés et non relaxés à la suite de versements de pots-de-vin, assistent les magistrats camerounais dans le déroulement des procédures judiciaires etc.
Rien qu'en 2007, son équipe a mené 210 enquêtes ayant débouché sur 43 procès (suivis, pour 87% d'entre eux, de peines de prison).
Parmi les objets saisis : 1220 perroquets gris à l'aéroport de Douala (valeur 800 000 dollars), un hippopotame vivant de 600 kilos en partance pour le Pakistan, plusieurs centaines de kilos d'ivoire, des dizaines de peaux de lion et de panthère, mais aussi des mains et des têtes de gorille, et plusieurs bébés chimpanzés.
365 communiqués de presse ont été publiés (ça permet de faire la publicité sur les arrestations et éviter que les dossiers "s'enlisent").
Au Congo comme au Cameroun et dans la plupart des pays africains, la volonté politique de sauvegarder des espèces en voie d'extinction existe mais elle se traduit difficilement sur le terrain.
Même appuyée par des organismes comme la CITES (Convention on International Trade in Endangered Species), les Nations-Unies, de grosses ONG comme l'IFAW, cette volonté peine à remplir ses objectifs.
Le braconnage (peaux, ivoire, viande, spécimens pour les zoos, les cirques) est vigoureux car la demande est soutenue. Les réseaux sont puissants. Internationaux. Les enjeux financiers sont importants.
Tu penses bien que ces trafics dégueulasses ramènent beaucoup de fric.
Ofir Drori doit en déranger plus d'une, de ces mafias spéciales.
Le travail d'Ofir Drori complète celui des autres associations qui protègent les habitats naturels, informent, sensibilisent, soutiennent, financent ou gèrent des programmes de conservation, aident l'action des patrouilles anti-braconnage.
Le mieux, c'est que tu ailles sur le site de l'association.
C'est en anglais et il y a des images dures parfois. Mais ça vaut le coup, crois-moi. Les rapports d'activité sont à la disposition de chacun.
http://www.laga-enforcement.org/
11:10 Publié dans Des mecs (et des bestioles, oui, oui) biens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30 mai 2008
Corrida : Julio Benítez "El Cordobés hijo" est le fils de rien, sinon de l'agonie et de la mort
Au début de son livre " La mort donnée en spectacle", Claire Starozinski (Alliance Anticorrida) reprend un extrait des "Lettres au Castor" de Jean-Paul Sartre.
Le voici : " Il est de fait que le toro idéal, celui dont le torero fait ce qu'il veut, est une sorte de saint-cyrien des taureaux, coléreux, héroïque, stupide, qui fonce partout.
Ceux qu'on nous a montrés reculaient devant l'étoffe rouge en grattant le sol de leurs sabots et en mugissant lamentablement.
Il y en a même un qu'on n'a pas pu tuer : il foutait le camp.
Les bêtes saignaient tout ce qu'elles savaient et il fallait s'y reprendre à quatre fois pour les tuer.
On leur arrachait l'épée inefficace plantée dans la nuque, on leur en plongeait une autre, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'ils tombent.
Encore fallait-il alors les achever au couteau."
Le matador (tueur en espagnol) mérite bien son nom. Il ne risque que très rarement sa vie.
Tu dirais quoi d'une civilisation qui glorifierait un tueur ? En ferait le pivot d'une tradition ?
Julio Benítez "El Cordobés hijo" est un tueur qui, donc, ne risque quasiment rien en ôtant la vie à une pauvre bestiole après l'avoir suppliciée.
Cependant, il s'est fait dégommer hier, jeudi 29 mai, dans l'arène de Córdoba.
Son premier toro ne l'a pas loupé : deux coups de cornes dans la canne gauche (15 et 10 cm).
Julio Benítez "El Cordobés hijo" fait peut-être des sauts de carpe magnifiques mais il reste un crétin absolu et infâme.
Après avoir reçu les premiers soins (suture, drainage car décollement sous-cutané, pansement..), il a tenu à revenir dans l'arène, contre l'avis du corps médical, pour tuer un toro qui passait pas là. Le sixième de l'après-midi.
Je me demande si le terme "décadente" appliqué à une société qui célèbre de telles ordures n'est pas trop mesuré ?
10:24 Publié dans Traditions connes et cruelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
29 mai 2008
Bien fait pour ta gueule !
Hier, j'ai reçu un mail assez long de la veuve d'un chasseur dont j'avais relaté l'accident mortel il y a quelques mois. Il avait laissé 3 gosses et une épouse éplorée.
Elle m'a traité de salopard, m'a dit que se moquer ainsi, avec des mots si blessants, du malheur d'autrui lui donnait envie de vomir.
Que cet homme était un père et un mari charmant, gai.
Je n'ai pas répondu.
Déjà, je n'avais pas envie. Pour tout te dire, j'ai lu ce courrier de façon désinvolte. Je n'aime pas les gens qui geignent quand ils n'obtiennent pas la satisfaction pleine et entière des plaisirs primaires (et odieux) qui occupent totalement leur vie. Ils m'emmerdent.
Il y a autre chose à foutre, je pense, que de passer le peu de temps qui nous est accordé sur cette terre en bouffant, en picolant et en tuant des êtres sensibles.
Ce type s'amusait (ou trompait son ennui ?) en flinguant des piafs. Tu veux que je te dise quoi ? Que je regrette qu'il soit becqueté aujourd'hui par des asticots ?
Je ne lui demandais pas d'être Montaigne ou Shakespeare...Mais au moins, qu'il laisse les autres bestioles profiter de la pluie, du soleil, de leurs amours précaires, des aubes fraiches et des printemps lumineux.
Les frivolités sanglantes, je ne supporte pas. Dans ce cas, pas de civilités, seulement du cynisme teinté de désespoir.
Il aimait bien s'aérer la tronche en crevant des animaux ? Il en est mort. Et ça me fait plutôt marrer. J'ai le droit non ?
Tiens, pour en finir avec ça sur un ton plus académique, un extrait du Traité sur les animaux, de Plutarque (1er siècle de notre ère).
"Vous me demandez pour quelle raison Pythagore s'abstenait de manger de la chair de bête ; mais moi, je vous demande avec étonnement quel motif ou plutôt quel courage eut celui qui le premier approcha de sa bouche une chair meurtrie, qui toucha de ses lèvres les membres sanglants d'une bête expirante, qui fit servir sur sa table des corps morts et des cadavres, et dévora des membres qui, le moment d'auparavant, bêlaient, mugissaient, marchaient et voyaient ?
Comment ses yeux purent-ils soutenir l'aspect d'un meurtre ?
Comment put-il voir égorger, écorcher, déchirer un faible animal ?
Comment put-il en supporter l'odeur ? comment ne fut-il pas dégoûté et saisi d'horreur quand il vint à manier l'ordure de ces plaies, à nettoyer le sang noir qui les couvrait ?
[...] Et après cela vous appelez bêtes féroces les dragons, les panthères et les lions, tandis que, souillant vos mains par des meurtres, vous ne vous montrez pas moins féroces qu'eux.
Ils tuent les autres animaux pour vivre, et vous les égorgez pour vous livrer à vos cruels délices."
13:12 Publié dans Humeur & aphorismes et périls | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28 mai 2008
L'oeil du cachalot sera à Paris !
Amis parisiens et franciliens, vous ne mesurez pas la chance que vous avez !
Paul Watson, fondateur de l'association Sea Shepherd Conservation Society (et de Greenpeace, qu'il a quitté en 1977, car dégoûté des dérives bureaucratiques et mercantiles) est un homme hors du commun.
Je n'ai pas l'habitude de m'incliner devant des personnalités mais en l 'espèce, fréquenter ce gars est un vrai privilège.
Eco-guerrier téméraire, flibustier écolo au grand coeur, militant radical de la cause animale, c'est un seigneur.
Détesté par les tueurs des océans, vénéré par les défenseurs du vivant.
Le Capitaine Paul Watson sera à Paris le samedi 7 juin 2008,
Conférence à 14.30 dans l'amphithéâtre 55 de la Faculté des Sciences de l'Université de Jussieu - Paris VI
(dans le 5e arrondissement - Métro Ligne 7 & 10 - station Jussieu)
La conférence sera suivie d'un buffet végétarien informel (salle J7 de la tour 44/55)
où le Capitaine Watson se prêtera volontier au jeu des questions.
L'entrée est libre, l'équipe de Sea Shepherd France vous y attend nombreux!
12:59 Publié dans Des mecs (et des bestioles, oui, oui) biens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27 mai 2008
Corrida : sphincters minus pour Juan José Rueda "El Ruso"
Je suis fou et fou ! Mais c'est bien pour ça que tu visites ce blog non ?
(et que la censure m'a tué comme dirait l'autre...Mais passons).
L'illustration que tu vois montre que l'anus et le rectum sont entourés de muscles (lisses et striés) qu'on appelle les sphincters.
Tu sais, je suppose, à quoi sont destinés ces muscles.
A ce moment de ta lecture, tu dois te dire que j'ai pété un câble.
Eh bien non, Manon ! Je suis plus lucide que jamais !
Je cherchais sur Gougueule une photo d'un type dénommé Juan José Rueda "El Ruso" et peau de balle.
Rien. Pas la queue d'une petiote image.
Et je sais pourquoi en définitive : ce clampin n'est que banderillero, c'est à dire un valet du matador ( Manuel Ocaña "El Sombrerero" en l'eau cul rance) chargé de planter des harpons sur le toro pour amoindrir ses facultés physiques et psychologiques.
Vicieux mais anonyme consternant; c'est bien la peine de faire du mal, tiens !
En désespoir de cause, je me suis rabattu sur ce à quoi devait ressembler son système physiologique de la défécation avant l'accident.
Juan José Rueda "El Ruso" faisait son job de cinglé hier lundi dans l'arène de Las Ventas, Madrid.
Le 1er toro avait décidé de se le faire. Bien que charcuté, il a frappé juste.
Avant de lire la suite, tu es invité(e) à éloigner les gosses de ton ordi car ça va déchirer grave sa mère.
Juan José, il a mangé un terrifiant coup de corne dans le cul.
Deux trajectoires au niveau de l'anus de 15 et 20 cm..
Bilan (beurk) : rupture complète du sphincter, déchirement du rectum sur 15 cm, lésion de la fosse ischio-rectale sur ... 20 cm et bien sûr, fracture du coccyx plus contusions et hématomes divers pour faire joli.
Je peux te dire qu'en clinique, ils l'ont opéré aux ciseaux à broder tellement c'était coton.
Hé hé...Je suis farceur ! Je l'ai ta photo ...
07:49 Publié dans Traditions connes et cruelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26 mai 2008
Corrida : destination déchetterie pour Carlos Escolar 'Frascuelo'
J'aime bien ce cliché car il reflète exactement la réalité : d'un côté, un toro ensanglanté, au bord de l'épuisement, devinant son trépas immiment mais courageux en diable car collant une rouste magistrale à son tortionnaire et de l'autre, un lâche, tâcheron du sadisme, qui se prend une branlée que l'on qualifiera ensuite à l'hosto de sévère.
Carlos Escolar 'Frascuelo' est un vétéran (60 balais) des circuits tauromachiques. Un pitoyable débris.
Comme il est madrilène, il avait sauté sur l'occasion de la feria de San Isidro et était venu hier dimanche 25 mai dans l'arène de Las ventas pour exercer ses talents sanglants de retraité.
Le second toro de l'après-midi ne l'a vraiment pas raté.
Il me faudrait un dictionnaire médical pour te présenter les graves blessures infligées. Ou alors, songer à poursuivre des études de médecine.
Déjà, tu sauras que les deux guiboles ont payé pour voir. Pas de jalouses !
Deux perforations de 15 et 20 cm dans la cuisse gauche et une perforation de 20 cm dans la cuisse droite, avec atteinte aux aducteurs.
Des contusions à la pelle, la langue esquintée. Joli comme un steack tartare, le Carlos !
Allez, hop! A la benne !
12:45 Publié dans Traditions connes et cruelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25 mai 2008
Corrida : pour les oreilles d'Álvaro Montes c'est fait. Pour la queue, on verra plus tard !
L'occasion était trop belle ! Comment passer à côté ?
Tu vas vite piger pourquoi j'ai mis ce titre à l'article.
Hier, samedi 24 mai, dans l'arène de Las Ventas, à Madrid. Toujours dans le cadre de cette saloperie de feria de San Isidro, saint des châtrés de la sensibilité et des pauvres types (je te rappelle Annabelle que, selon les notions élémentaires de la psychiatrie, le sadique considère l'objet de son désir comme une extension de soi et qu'en l'espèce, on n'aboutit pas à une telle instrumentalisation de l'autre sans avoir soi-même connu une carence majeure).
Álvaro Montes est un rejoneador, c'est à dire un matador à cheval.
Alors qu'il s'apprêtait à crever son 1er toro, ce dernier s'est trouvé en tête-à-tête avec Lupito, le cheval de cette ordure. La bestiole a pris peur et a perdu l'équilibre; à terre, elle a reçu un coup de corne mesuré et a réussi à se remettre sur ses jambes avant de foutre le camp.
En effet, dans sa grande sagesse et son intelligence de coeur, le toro avait réservé son savoir-faire au cavalier.
Désarçonné, Álvaro Montes avait le nez dans la sciure et ce fut un vrai grand bonheur pour le toro de lui faire effectuer roulades, pirouettes et cacahuètes.
On a réussi à sauver le soldat Montes dont la tête d'abruti ressemblait alors à un compteur à gaz.
Je te passe les millions de contusions, les hématomes divers et variés pour ne garder que le meilleur : l'oreille avait disparu !
Où qu'elle était la petite noreille d'Álvaro ?
N' écoutant que son courage, le mutilé s'est fait poser un amusant bandage de momie sur la tronche puis est reparti au centre de l'arène pour achever le toro.
Et pour retrouver le morceau de cartilage sanglant qui lui servait de pavillon auriculaire.
Tu sais pourquoi ?
Approche-toi, je vais te le dire.
Il tenait à placer son oreille sous l'oreiller de son lit de douleur et attendre que la petite souris lui apporte 2 euros au cours de la nuit pour le consoler.
08:40 Publié dans Traditions connes et cruelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24 mai 2008
Ils n'ont pas peur de la mort parce qu'ils ont peur de la vie
Un texte comme ça, ya de quoi te consoler de fréquenter un ramassis de cons.
Tu vois comme je m'énerve facilement, Armand ? Et bien, aujourd'hui, j'étais heureux de vérifier que je n'étais pas tout seul à mépriser cette engeance.
Leur pauvre vie de jean-foutres de viandards insensibles à la beauté du vivant, direction néant !
Qu'ils crèvent.
Qu'on les retrouve raides dans leur treillis, un jour, claqués au milieu des ordures du matin blafard.
Je te file l'article publié ce jour, vendredi 23 mai, dans le quotidien Libération, en réaction à ce championnat de déterrage organisé la semaine dernière à Cluny.
Ce papier est mémorable, incisif et puissant.
Les mots utilisés sont moins vigoureux que les miens mais le message est le même.
L'article :
Un week-end de mai en forêt de Saône-et-Loire.
Des déterreurs, accompagnés de leurs chiens spécialisés, s’activent autour des terriers de l’espèce blaireau, Meles meles. Les canidés, excités par l’épreuve, ont acculé l’animal au fond de son terrier, les déterreurs creusent une tranchée pour tenter de l’en extraire.
Afin d’en finir avec les récalcitrants, on les saisit par le cou, le museau ou les pattes au moyen d’énormes pinces métalliques, puis on les achève, d’un coup de carabine ou d’un coup de pelle…
Ce championnat pose la question du sort réservé aux espèces animales déclarées «chassables» ou «gibier» dans le cadre de la vénerie, pratique qui avec la chasse à courre est sensée relever de la pure tradition de la chasse européenne. Question nullement anodine, puisqu’elle renvoie à la difficile tentative d’harmoniser les requêtes des chasseurs et des associations de protection animale dans le cadre du Grenelle de l’environnement.
Pour la plupart des chasseurs, l’environnement naturel se limite à «leur» territoire de chasse et la seule biodiversité qu’ils reconnaissent est celle de «leurs» gibiers, supposés menacés en permanence par des prédateurs qualifiés de «nuisibles» qu’il convient donc d’éliminer.
Si les espèces «protégées» sont parfois l’objet d’«erreurs de tir», nombre d’entre elles ne sont protégées que par la discrétion qui entoure leur disparition «accidentelle» et celle de leurs biotopes.
Les médias, heureux d’avoir rappelé quelques vérités utiles sur les dangers de l’extinction en masse de la biodiversité, semblent néanmoins assez peu renseignés sur la nature et les modalités de ces «épreuves» de destruction des espèces qui ont bien lieu sur le territoire français.
Si l’on s’émeut du sort fait aux singes anthropoïdes et autres bêtes peuplant notre imaginaire (loups, ours, tigres), on s’intéresse moins à celui d’animaux comme les blaireaux, renards, chauve-souris et moult autres espèces «dénigrées».
Cela justifie-t-il pour autant un tel déchaînement à leur encontre, sous prétexte d’arguments aussi fallacieux que faussement écologiques ?
Si cette violence propre à ce genre d’activité dite ludico-écologique est rendue possible, c’est en effet au nom de ce que d’aucuns brandissent comme alibi : la régulation des prédateurs.
Or, au-delà du caractère cruel de cette joute entre l’homme et l’animal, le public est en droit de savoir pourquoi ce championnat viole les règles des conventions de protection de l’animal sauvage (convention de Berne, directive Habitats) et la loi française (arrêtés ministériels), parce que ces épreuves «sportives» font subir aux espèces protégées et non protégées des dommages inacceptables.
Le site choisi pour ce championnat abrite également d’autres espèces, notamment le chat forestier ou Felis silvestris, «protégé» par la loi française. Son aire de répartition occupe le département de la Saône-et-Loire et particulièrement le secteur de Cluny, «épicentre» du concours de déterrage de blaireaux au mois de mai.
Le chat forestier est non seulement potentiellement présent dans les terriers des blaireaux mais il est, à cette période, en pleine saison de reproduction, avec l’essentiel des mises bas en avril. Cela signifie qu’à la mi-mai, les chatons de l’espèce Felis silvestris auront vraisemblablement entre 2 et 4 semaines, période pendant laquelle ils sont extrêmement vulnérables.
La présence de meutes de chiens et d’équipes de déterrage dans les communes alentour est un danger pour la survie de ces chatons. Non seulement ces derniers courent le risque d’être immédiatement exécutés «sous terre» par les chiens mais ils ne survivraient pas à la mort de leur mère si cette dernière venait à être tuée (le mâle ne s’occupant pas de sa progéniture).
Il faut ensuite rappeler que le blaireau, Meles meles, est placé en annexe III de la convention de Berne en tant qu’«espèce de faune protégée dont l’exploitation est réglementée» et sur la liste rouge de France métropolitaine en tant qu’«espèce à surveiller».D’un autre côté, la population locale des blaireaux court le risque de succomber au stress de la capture.
Cette pratique de vénerie sous terre s’exerce encore en toute légalité en France bien que la plupart des pays européens aient protégé cette espèce au nom de sa «fragilité» caractéristique.
En conséquence, le gouvernement doit, au nom du respect de la biodiversité et de la lutte contre les pratiques cruelles et dégradantes, légiférer à son tour sur cette pratique et rejoindre les normes de la communauté européenne.
Près de 9 000 signataires se sont déjà prononcés en faveur de l’annulation de ce championnat. Deux urgences s’imposent : l’interdiction totale du déterrage et la mise en protection du blaireau. Ce qui implique bien sûr son reclassement dans la catégorie des «espèces protégées».
Un seul mot d’ordre : halte à la destruction !
Denis-Richard Blackbourn docteur en écoéthologie à Paris-V et en ethnozoologie au Musée national d’Histoire naturelle (MNHN), Jean-Marie BROHM professeur de sociologie à Montpellier-III et Laurence Werli doctorante en histoire des sciences à l’EHESS de Paris.
Nota : la photo des deux blaireaux tués m'a été gentiment transmise par Tallulah.
00:20 Publié dans Traditions connes et cruelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23 mai 2008
Corrida : rejoins le côté lumineux de la force !
Aujourd'hui, un tout petit clic et beaucoup de satisfaction.
El País, c'est le quotidien de référence espagnol. Mix de Libération et du Monde, il est réputé pour la qualité de ses analyses.
Mais il a un gros défaut : il est plus que complaisant avec la tauromachie. Il n'hésite pas à publier des compte-rendus élogieux, enflammés, de corridas.
Il y a quelques jours, il a mis en ligne un sondage tout simple. Plus binaire, ya pas !
La question posée est : "Etes-vous pour ou contre la corrida ?".
Si tu cliques sur ce lien http://www.elpais.com/encuestas/encuesta.html?id=9287&... tu tomberas pile-poil sur le questionnaire.
Aujourd'hui, quelques 17500 votes ont été enregistrés.
Tu ne me croiras pas mais 92% des votants sont CONTRE.
Vas-y, rejoins-nous !
PS
Demain samedi, quand l'aube blanchira la campagne, je te ferai part d'un article mémorable sur le déterrage du blaireau. Tu ne regretteras pas le déplacement, je t'assure...
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22 mai 2008
Nelson Monfort est un chic type
Après une bonne journée de grève et de manif, bien rincé, au propre comme au figuré, j'ai à peine eu le temps de finir de parcourir le dernier numéro d'Animaux Magazine, le mensuel de la SPA, déposé ce jour dans ma boîte à lettres que de suite, je me suis dit : mon gars, ta journée se termine plutôt cool.
Et comme j'aime partager, j'avais ce qu'il me fallait.
Nelson Monfort, tu connais, je suppose ? Commentateur sportif exubérant, parfaitement bilingue, spécialiste il me semble du patinage artistique et des disciplines athlétiques aux JO et autres compétitions d'envergure.
Et aussi un grand ami des animaux. Pas faux derche comme d'autres, qui ménagent leur notoriété en pratiquant la langue de bois version châtaigniers de Lozère.
Un chic type. L'entretien fait 2 pages. Nelson Monfort réprouve totalement la chasse. Loisir détestable, qu'il dit, maintenu par un lobby puissant jouant des intérêts électoraux.
La corrida ? Insupportable ! Il demande l'abolition pure et dure de cette distraction sadique.
A la question de savoir si, dans le cadre de ses obligations professionnelles, on lui demandait de commenter une corrida et quelle serait sa réaction, il répond : " Très clairement non, non et non".
L'expérimentation animale ? Opposant déterminé, il est proche de l 'association Pro Anima, qui travaille à supprimer le recours à ces expériences cruelles et inutiles.
Un chic type je te dis.
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