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07 mars 2008
Viande : la bombe écologique

Comme Jehanne marchait au bûcher, nous nous dirigeons vers une terre surchauffée.
Sauf si...
Bon ! Il ne suffira pas de rouler à 90 au lieu de 110 km/h, c'est moi qui te le dis, pour contrarier la course folle.
Mais ça tombe bien, il y a des gens, tout à fait dignes d'intérêt, qui soumettent, même s'ils sont pessimistes, des solutions, des façons de faire différentes, des alternatives pour éviter cette farce macabre d'une planète au bout du rouleau.
Toi, tu penses évidemment que l'automobile, l'avion, tout ce qu'on regroupe sous le vocable de 'transports' est la plus grande cause du réchauffement du globe.
Erreur, mon ami, erreur...
L'élevage, la filière viande en général, émet plus de gaz à effet de serre que l'ensemble des quelques 800 millions de totomobiles en circulation sur cette bonne vieille terre.
Je liquide ton objection (même si, la pauvre, elle n'avait rien demandé) de suite : ce n'est pas moi, modeste pékin qui l'affirme mais la FAO (Food and Agriculture Organization), une agence de l'ONU. Ce n'est pas dans leurs habitudes de raconter du flan.
J'aime bien reprendre l'un des exemples que la FAO donne, quand on me gonfle avec la nécessité hypocrite de veiller à ne pas laisser couler le filet d'eau du robinet quand tu te brosses les ratiches : une seule journée sans manger de produits animaux permet l'économie de 5000 litres d'eau par individu (soit une centaine de douches).
Tu réalises Denise ?
Pour ton édification, je te balance un article paru dans Libération du 05 mars. Il a été rédigé par l'équipe du mensuel TERRA ECONOMICA, des petits gars très valables. Je t'en ai déjà parlé, il me semble.
Tu pourras aller sur leur site (www.terra-economica.info) pour y consulter des articles, t'abonner (moi c'est déjà fait) ou réagir.
Voici le texte (le titre est de moi).
Une autre vérité sur le réchauffement climatique
Quatre kilogrammes par foyer français en 2007 contre 3,8 kg en 2005 : la viande hachée est l’un des seuls produits élaborés à base de bœuf dont la consommation continue de croître en France. C’est en effet la viande qui réalise les plus gros volumes de vente dans l’Hexagone. A tel point que la filière bovine est sortie de la zone rouge uniquement grâce au steak haché.
Seulement voilà, du pré à l’assiette, la viande bovine traîne quelques nuages de gaz à effet de serre.
Avant que le steak haché ne gagne sa place dans les rayons des supermarchés, rendez-vous à l’abattoir. Celui de Cholet (Maine-et-Loire) par exemple, le plus important des neuf sites de l’entreprise Charal.
Gaz hilarant. Ici pénètrent chaque semaine environ 2 000 bovins, dont on tire notamment 170 tonnes de steaks hachés.
Chaque année, cela représente 8 800 tonnes de viande emballée, soit plus d’une tour Eiffel. Entre le début et la fin de la chaîne, le bovin est anesthésié puis saigné. Ses muscles sont préparés, hachés puis moulés. Charal reste assez flou sur les détails du processus, «secret de fabrication» oblige, mais insiste sur la multiplicité des contrôles qualité… Suite aux différentes crises sanitaires (encéphalite spongiforme bovine, salmonelles…), les transformateurs ont bien été obligés d’adopter la culture du contrôle.
Dans la foulée, les abattoirs ont également procédé à leur examen environnemental : tri des déchets, réduction du poids des emballages, groupement des transports et surtout gestion de l’eau.
Bien que transformation, emballage et transport dégagent du dioxyde de carbone (CO2), le gaz à problème du steak haché serait plutôt le méthane (CH4).
Les ruminants en rejettent une grande quantité par flatulence.
Et une molécule de méthane provoque un effet de serre 23 fois plus important qu’une molécule de CO2, selon les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).
Ce n’est pas tout. Le fumier, lui, dégage du gaz hilarant, le N2O.
Mais pas de quoi rire, son impact est 296 fois supérieur à celui du gaz carbonique.
Fumier. Selon un rapport de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, paru en 2006, l’élevage dans son ensemble émet, en équivalents CO2, «18 % des gaz à effet de serre de la planète».
Davantage que les transports !
Pour régler le problème, suffirait-il d’opter pour de la viande estampillée bio ? Pas si simple. Une vache, élevée selon les méthodes de l’agriculture biologique ou celles de l’agriculture conventionnelle, émet la même quantité de méthane, et le fumier dégage autant de dioxyde d’azote.
Il ne reste donc qu’une seule issue : ingurgiter moins de steaks. Selon une étude britannique, parue en 2007 dans The Lancet, il faudrait réduire d’au moins 10 % notre consommation de viande rouge pour diminuer de façon significative la contribution de l’élevage au changement climatique.
11:33 Publié dans Biosphère en danger | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

