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30 novembre 2007
Ouiii…Nicolas…Prends-moi ! Prends-moi le peu qui me reste pour aider tes copains milliardaires…

Hé ! Toi le crispé des mâchoires, le froncé des sourcils, le migraineux bourré de tics, qui prend aux pauvres et distribue aux riches, le "visibly restless" (le visiblement agité) comme te surnomment nos amis américains, qui a fait les poches du pays avant de dire, tout niaiseux, que la France n'avait plus un rond pour les facs, les lycées, les hôpitaux, les fonctionnaires, les Rmistes, les chômeurs, les centres d'hébergement, les cités pouraves, les pensionnés, les HLM, les parents isolés, les tribunaux, tu vas arrêter quand de nous prendre pour des cons ?
16:59 Publié dans Humeur & aphorismes et périls | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pigeon biset, prends garde à toi, ils t’en veulent de façon imbécile

Alors que la ville de Paris compte désormais 4 pigeonniers contraceptifs (stérilisation des oeufs) permettant la maîtrise douce, efficace et durable des populations de pigeons bisets (le dernier a été installé il y a peu square Nadar, au pied du Sacré-Coeur, dans le 18ème arrondissement), la mobilisation ne doit pas se relâcher.
C'est pour cela que l'association Stéphane Lamart organise un grand rassemblement pour la défense de ces gentilles bestioles le 14 décembre à 14 heures devant le Ministère de l'Agriculture (7ème arrondissement, métro Varennes).
Il sera bien entendu question de protester contre les méthodes cruelles d'élimination de ces oiseaux qui sont trop souvent employées et d'exiger la mise en place d'une politique globale, intelligente pour une fois, de protection et d'intégration de ces volatiles.

Les efforts demandés ne sont pas démesurés et sont d'un coût modeste. C'est bien une question de volonté.
Et souvent, il faut les forcer, ces volontés...
Les pigeons espèrent votre soutien, amis parisiens.
12:05 Publié dans Animal on est mal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29 novembre 2007
Victoire électorale pour les baleines. Pressions sur le Japon.

Vous voyez ce type ? C'est Kevin Ruud. Le nouveau premier ministre australien. Son parti, le Parti Travailliste, a gagné confortablement les élections législatives en fin de semaine dernière.
Il bénéficie de la majorité absolue au parlement et met donc fin à 11 ans de pouvoir de la coalition conservatrice.
On ne peut pas être fou de cet homme. Plutôt filandreux, c'est le genre qui rigole quand il se brûle. Catholique fervent, on dirait le clone de Tony Blair.
D'ailleurs, il réfute le qualificatif de socialiste et répond qu'il est davantage un 'moderniste'.
Son programme économique pourrait avoir été écrit par D. Strauss-Kahn, c'est tout dire...
Mais la victoire de cet ancien diplomate, c'est aussi celle de Peter Garrett.
Ce nom vous dit quelque chose ? Vaguement ?
"How can we dance when our earth is turning
How do we sleep while our beds are burning "
Oui, c'est lui ! Le leader et chanteur du groupe rock Midnight Oil, militant écolo de la première heure, un vrai, sincère, honnête et persévérant. Un éco-warrior !

Il a été nommé ministre de l'environnement lundi.
Peter, il avait déjà mis les choses au point avant la victoire électorale : si l'équipe de K.Ruud arrivait aux affaires, la 1ère chose qu'elle ferait serait de ratifier le protocole de Kyoto (l'Australie, comme les Etats-Unis, avait toujours refusé de le faire).
Et ensuite, l'Australie s'engagerait davantage, de façon plus agressive, contre les sorties sanglantes de chasse à la baleine conduites par le Japon dans l'Antarctique.
Il a promis qu'un bateau serait dépêché sur place pour contrôler étroitement les agissements de la flotte baleinière nippone qui, au titre de la recherche 'scientifique', a décidé de massacrer, cette année encore, un millier de cétacés, dont des baleines à bosse et des rorquals communs, espèces en grand danger d'extinction.
Je vous avais parlé il y a peu des préparatifs de la campagne Migaloo lancée par SSCS (Sea Shepherd Conservation Society), l'association de Paul Watson, qui a bien l'intention de s'opposer à nouveau, physiquement s'entend, à cette chasse ignoble.
Le Robert Hunter, le navire amiral de ces pirates des mers, va bientôt partir pour les eaux glacées du Pacifique-sud.
Avec un renfort de poids : la détermination de l'Australie à faire cesser cette chasse illégale.
Avec un soutien moral inattendu ! La France (bravo Nathalie Kosciusko-Moriset) vient de dénoncer la campagne de chasse japonaise en exprimant sa "vive préoccupation".
Allez les baleines ! on y croit !
12:15 Publié dans Animal on est mal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28 novembre 2007
La chasse, quelle classe !

Madame, monsieur bonjour !
Au sommaire de cette édition, pas d'accident de chasse à déplorer, heureusement.
Après les dramatiques et nombreux faits divers récents qui ont endeuillé le monde cygénétique et qui font les choux gras des très sensibles défenseurs des bêtes, écologistes de salon, nous pouvons passer à autre chose.
C'est à dire mettre en lumière les merveilleuses traditions de nos terroirs, transmises avec amour par des générations d'hommes et de femmes attachés au "il fait bon vivre" et au plaisir des sens.
Un riche passé conservé avec un égal bonheur par de multiples cultures locales.
Aujourd'hui, nous sommes en direct avec notre envoyé permanent en pays Tonneinquais, dans le Lot-et-Garonne comme chacun sait.
-Rémi Solfado, vous êtes bien là ?
-Oui, bonjour Jean-Pierre, bonjour chers téléspectateurs...
-Rémi, quoi de neuf chez les garants de la tradition ?
-Une histoire extraordinaire Jean-Pierre, qui est arrivée à un passionné de chasse, Gilbert Fontés.
Gilbert, homme très sympathique au demeurant, 53 ans de chasse, rendez-vous compte, a tiré hier matin, du côté de Poville, une bête rarissime.
Mais écoutons le raconter cet exploit :
- Bin voilà, j'étais en forêt, route de Clairac, en battue au chevreuil. Soudain, voilà t'y pas que je vois un bestiau blanc débouler de la broussaille. Aucune idée de ce que c'était. On aurait dit un chien ou un gros chat. Je le pousse vers la friche et je l'ai eu dans mon viseur.
Un animal comme ça, c'est de l'exceptionnel alors vous pensez bien que j'allais pas me faire chier à l'observer des plombes et des plombes... Il allait se barrer en plus...Alors je l'ai dégommé.
-Cet animal, c'est quoi en définitive ?
-Un renard blanc, comme qui dirait un renard polaire mais comme on est en Sud-Ouest, c'est pas un renard polaire...Ah, ah, ah...
-Un renard albinos donc ?
-Non... le spécialiste qu'on a consulté il dit que c'est un renard leucique car un renard albinos, il a les yeux rouges hein tandis que cette bête, ses yeux y sont gris. Dépigmenté qu'il est, il semble.
-Superbe prise ! Vous êtes très fier j'imagine ?
-Tu m'étonnes ! On va l'empailler et le mettre derrière la vitrine de notre local, à Fargues-sur-Ourbise
-On m'a dit, Gilbert, que vous avez immortalisé cette prise de façon charmante...
-Oué...Jlai mis dans mon jardin au pied d'un pin (photo), une tige de roseau pour soutenir le museau, la queue dressée comme des lauriers sur un coussin de fougères, quelques plumes de faisans et voilà !
-Et poète à ses heures, notre ami Gilbert, en plus !
C'est ainsi, Jean-Pierre, que je vous rends l'antenne, en concluant que tous les chasseurs de l'endroit ont défilé devant le trophée pour admirer ce qu'il faut bien appeler la prise de l'année, sinon de la décennie.
Un renard immaculé, c'est fabuleux ! Il aurait été dommage de le laisser vivre...
-Merci Rémi, pour cette précieuse et authentique histoire.
(d'après le quotidien Sud-ouest)
11:55 Publié dans Traditions connes et cruelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27 novembre 2007
Braconnage de l’ortolan : une sanction exemplaire pour faire rire les petits enfants
Il n'avait qu'à bien se tenir ! La foudre allait tomber sur lui ! Il allait goûter à la sévérité de la justice ! Ce serait dur, bien sûr.
Me Malherbe, l'avocat d'une des parties civiles, la Fédération départementale des chasseurs des Landes, n'avait-il pas martelé : " L'éthique et les valeurs de la chasse ont été trahies".
Christian Catuhe allait voir ce qu'il allait voir ... Si même ses copains viandards le lâchaient, c'était couru d'avance qu'il allait en baver des ronds de chapeaux.
La loi devait être respectée... Enfin !
Christian Catuhe est chasseur le jour et braconnier la nuit (mais l'inverse marche aussi).
C'est lui qui s'était fait serrer début octobre. Dans les Landes. Depuis très longtemps, il traque de l'ortolan. Espèce protégée.
On peut dire que c'est son job à plein temps. Un braconnier en série tout compte fait .
J'en ai déjà parlé par deux fois. Je vous passe donc les détails. Il suffit que vous vous reportiez à mes articles des 03 septembre et 13 octobre 2007 pour connaître le pourquoi du comment.
Le 22 novembre, il passait devant le juge, au Tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan.
Cet agriculteur retraité domicilié à Laglorieuse cumulait grave : détention, destruction, utilisation et transport d'oiseaux protégés, d'une part, et détention et usage d'engins de chasse prohibés, d'autre part.
Il avait pu déjà mesurer l'extrême rigueur des gardes-chasse du coin qui ne manquaient jamais, tout au long de ces 2 décennies, de le prévenir par lettre recommandée avec accusé de réception que des contrôles inopinés allaient être effectués afin de faire cesser cette pratique scandaleuse.
Le ministère public avait dénoncé ” le franchissement des limites”.
C'est donc armée de la volonté d'en finir avec cette activité illégale mais tolérée ('faut pas déconner, on est en France bordel, terroir des traditions connes et cruelles'), que la justice s'est prononcée.
Résultat ? Un mois de prison avec sursis, 2 750 euros d'amende dont 1 000 avec sursis, le retrait du permis de chasse et l'interdiction de le repasser pendant trois ans.*
Elle est excellente non ?
* La LPO, partie civile dans l'affaire, a évidemment fait appel de la décision.
10:35 Publié dans Traditions connes et cruelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26 novembre 2007
Kiai fit l’écureuil ! Aarrgh fit le chasseur !
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Saint-Ouen-les-Vignes (Indre-et-Loire), c'est trés éloigné des monastères de Shaolin (province de Henan, Chine).
Et pourtant, ne dit-on pas que certains hôtes de la forêt jouxtant cette charmante commune, triés sur le volet, y auraient été initiés au Qi Gong, art traditionnel et martial qui, au même titre que le Kung Fu, a fait la renommée de cette école boudhiste consacrée à l'étude et la pratique des arts martiaux chinois.
Il se murmure aussi que le décés, hier dimanche 25 novembre, en ces lieux, encore parés de couleurs automnales, d'un chasseur âgé de 75 ans, victime d'un malaise cardiaque alors qu'il participait à une partie de chasse, pourrait avoir un lien avec le fameux Kiai, le mal nommé "le cri qui tue".
Expulsion du souffle-énergie, le Kiai a des effets impressionnants.
Dirigé contre un ennemi, en situation défensive ou offensive, il peut provoquer stupeur, effroi et immobilisation.
Les écureuils (Sciurus vulgaris) sont des disciples particulièrement habiles en la matière.
14:40 Publié dans Traditions connes et cruelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25 novembre 2007
Chasseurs en série

- Tu n'as pas le droit de dire ça ! T'y vas fort garçon, là !
- Mais non...Je te dis que le rapprochement peut être fait, le côté pulsionnel incontrôlable, la nécessité du passage à l'acte, le caractère répétitif, régulier même...
D'ailleurs, si tu interroges une encyclopédie en ligne renommée, tu remarqueras qu'il y a des similitudes troublantes, du genre le plaisir qu'il tire de ses actes, ce sentiment de puissance, cette impression de supériorité quand il tue, avec méthode ou ruse, souvent.
Il a fait plusieurs victimes, au minimum 3 et les sélectionne. Il revendique son choix, l'assume et en fier très souvent.
On peut dire qu'il est un drogué de l'hémoglobine même si, d'apparence, il est sain d'esprit, organisé.
Sa part de sadisme est certaine. On parle ici d'un véritable sociopathe. Vivant avec des caractéristiques névrotiques, voire psychotiques. Il a un irrépressible besoin de violence, de faire du mal, de donner la mort.
La recherche d'un exutoire est donc une priorité pour lui, pour passer à l'acte, pour satisfaire cette envie de domination née d'un profond sentiment d'impuissance.
Les psychiatres reconnaissent bien volontiers que ces troubles remontent à l'enfance. Le comportement cruel d'un enfant à l'égard des animaux par exemple, atteste chez lui de la présence de tendances sadiques (carences affectives ?) qui devront se développer plus tard sous d'autres formes.
Il s'attaque toujours à des proies plus faibles, incapables de se défendre, victimes expiatoires.
Vous aviez percuté, ladies & gentlemen ?
J'établissais des comparaisons entre les chasseurs et les tueurs en série. J'ai noté des points communs, pas mal de points communs.
Je ne dis pas qu'un chasseur est un serial killer; je relève qu'il présente un profil psychologique quasiment équivalent à celui que l'on qualifie, à juste titre, de monstre.
Il ne peut pas s'arrêter de tuer. Ses victimes sont bien sûr des animaux et non des êtres humains.
Mais le fait est patent : il doit tuer et invoque pour cela des prétextes à la con pour s'inscrire dans un cadre qui a la gueule de la normalité.
L'alibi le plus banal, ordinaire, c'est la tradition; ça marche également pour la corrida, mais là, il passe à l'acte par procuration.
J'ai choisi de traiter de ce sujet en lisant un article paru dans la République du Centre (édition du samedi 24 novembre). Vous pouvez en prendre connaissance sur le blog de Michelle.
Où il est question de types qui ont tiré, à l'arc, sur un cygne noir, cette semaine, dans la nuit de mardi à mercredi.
L'animal se reposait tranquillou, les fesses dans l'eau du canal de Lamotte-Beuvron quand il a reçu des flèches.
Conduit dans une clinique vétérinaire, il s'en est sorti.
Quand je dis qu'ils ne peuvent pas s'empêcher de passer à l'acte. D'exprimer cette pulsion d'hostilité.
Hostilité fondamentale. Pathologique.
13:28 Publié dans Traditions connes et cruelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24 novembre 2007
Chasseurs : méfaits et gestes
-Ptin! jte dis ! Un canard comme ça ! 2 mètres de large, jtassure…
-Arrête tes conneries ! Ya pas de canard qui ressemble à ske tu racontes, et pis, on dit envergure, pas large…Tu l’as eu dans une pochette surprise ton permis de chasse ou quoi ?
-Mêêêeeeuh, il volait le bestiau, avec des pattes comme…comme…comme un canard quoi !
-Et t’as fait quoi bordel, tu l’as tiré ?
-Bin oui ! T’es trop con toi ! Un piaf de ce genre, faut pas trembler mon gars
-Et ?
-Jlai niqué ! Bien arrosé de plombs, crois-moi
-Tu l’as ramené dans le coffre de ta caisse ?
-Ah non, cet enculé s’est barré jsais pas où, pas moyen de le gauler…
Vendredi 23 novembre. Le quotidien La Voix du Nord, édition de Valenciennes-Denain, rapporte que le 10 novembre, entre Mortagne-du-Nord et Chateau-L’Abbaye, une jeune femme a trouvé un oiseau criblé de plombs en bordure de la départementale.
Conduit au refuge de la SPA de Valenciennes, l’animal est mort le lendemain.
Cet oiseau, c’était un gymnogène (photo), magnifique rapace africain de taille moyenne, vivant au sud du Sahara.
Probablement échappé d’un jardin zoologique, il a donc été l’objet de tirs de viandards.
Il était bagué.
Grâce aux radiographies, le véto a retrouvé dans son corps une vingtaine de plombs de chasse.
Les associations de chasse locales ‘déplorent’ cet acte.

-Gaade, gaade, j'en ai buté un ! La vache ! quelle bête, noire comme ça, j'ai jamais vu...
-Vas-y, montre ton carton !
-Il est là ! Gaade !
-Mais t'es abruti ou quoi ? C'est César que t'as flingué ! C'est le cochon de Jean-Paul ! Jean-Paul Portelli, tu connais quand même non ?
-Un cochon ? Maaaiiiis... il est noir ! Presque comme un sanglier ...J'ai cru...
-T'es plus con que la moyenne toi ! Tu vois bien qu'il est tout petit et qu'en plus, il était dans son enclos
-Merde alors, jcroyais que...
Mercredi 21 novembre. Pont-du-Casse (Lot-et-Garonne).
D'après le quotidien La Dépêche du Midi, un chasseur a tiré 3 fois sur César, cochon vietnamien apprivoisé et docile, élevé par la famille Portelli, ferme de Pinou-Bas.
Les jours de chasse, les animaux sont toujours regroupés. Les cochons, le chien, l'âne, le cheval, sont dans le pré. A proximité.
César, 7 mois, a pris du plomb dans la tête, la patte et le flanc gauche. Hémorragie interne ? Va savoir...Il est dans un sale état.
Le président de la société de chasse du coin dit que : " C'est révoltant".
La famille Portelli a porté plainte pour destruction d'animal domestique par arme à feu.
07:12 Publié dans Traditions connes et cruelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23 novembre 2007
Les sinistres cadavres ou l’horreur alimentaire

Une action revendiquée par l'ALF (Animal Liberation Front ) du côté du comté de Somerset (Sud-Ouest de l'Angleterre) pendant la nuit d'Halloween, le 31 octobre, pose beaucoup de questions.
Non pas de par sa singularité : cette action est classique, dirais-je, s'agissant de la libération de 210 poulets d'élevage en batterie.
Non pas de par sa légitimité. Je pense en effet que les grandes causes, les combats difficiles, doivent s'accomoder d'une certaine radicalité, colorée parfois d'illégalité, pour avancer vers les objectifs. De plus, ce serait irresponsable et imbécile de ma part de critiquer la forme de l'engagement de copains.
Si j'avais été, je ne sais par quel prodige, incarné dans le corps déplumé, mutilé, de l'une de ces poules, contenu dans une cage métallique exiguë, vivant dans une atmosphère saturée d'ammoniac, reposant sur des centimètres de fientes, au milieu d'un nuage de mouches, j'aurais accueilli mes libérateurs les ailes ouvertes.
Non ! Ce qui pose problème, c'est le traitement infligé à ces animaux, ces conditions dantesques, inimaginables, en tous lieux, de tout temps.
Plus précisément : comment est-il possible de faire ça à des êtres vivants, sensibles ?
Les processus psychologiques à l'oeuvre sont connus. Ils ont même produit leurs effets sur l'homme, qu'il s'agisse de la traite négrière ou de l'extermination de populations entières sur la base de considérations ethniques, religieuses ou raciales.
Nier le statut de sujet de la victime. Dénaturation de son animalité, pour en faire un objet, un infra quelque chose qui sera incapable de ressentir une quelconque souffrance.
Un mécanisme de dénégation qui vise à obtenir une parfaite indifférence au sort promis à la victime. Plus que du mépris, il s'agit de l'effacement de l'être et de tout ce qui y est associé (sensibilité).
Pour pérenniser ce que la majorité appelle un mal nécessaire (la production de viande), un processus de refoulement s'est installé, par le refus de la part d'animalité présente chez l'homme et l'expulsion de l'animal vers une vacuité existentielle qui autorise tous les abus.
C'est bien ce que faisaient les nazis, qualifiant les juifs, enfants, femmes, hommes, de sous-hommes, de chiens, les dépouillant ainsi de leur individualité.
Rendre cette individualité inerte, vide de sens, à l'égale d'un tabouret, la déréaliser.
Comment faire ce qu'ils font sans opérer ce travail de disjonction, que la découpe, en abattoir puis en boucherie, prolonge.
Le démembrement du corps saigné, le désossement, la séparation des morceaux de viande n'est ainsi que l'aboutissement de la répulsion que notre part d'animalité provoque en nous.
11:29 Publié dans Animal on est mal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22 novembre 2007
Doit-on se sentir coupable de se défendre ?
Je suis partagé et perplexe. Partagé sur la conduite à tenir par rapport à la grève des cheminots de la SNCF et de la RATP et perplexe sur l'état de délabrement intellectuel et moral qui est celui des commentateurs de la vie politique et sociale de notre pays.
Réglons de suite le second malentendu : je n'ai pas pris la peine de poster des commentaires, par ci, par là, sur les différents sites ou blogs qui parlent du mouvement de grève car trop consterné par la bêtise crasse des anti-blocages ou anti-grévistes qui, il faut le reconnaître, pensent surtout avec leurs pieds puisqu'ils sont contraints, les pauvres chéris, de marcher un peu plus que d'habitude, pour faire comme si leur boulot était la chose la plus importante de leur vie.
Réflexions étriquées, propos au ras du bitume. J'ai bien l'impression qu'une grève de ce genre permet à des gens insipides de quitter leurs habits ordinaires et d'occuper une place que tout le monde leur refuse d'habitude, employeurs, collègues, conjoints, voisins...
Le rôle passif de 'bloqué', de 'pris en otage' leur est un révélateur. Un moment de respiration.
Pour ce qui est de la poursuite de cette grève reconductible ou de la reprise partielle, il semble, d'après mes sources (syndicales) que les propositions mises sur la table des négociations sont vraiment significatives. Certaines d'entre elles vident même la 'réforme' (sic) des régimes spéciaux de sa substance.
Je suppose qu'un travail d'explication sera effectué à destination des cheminots.
Cela étant, ils ont des dizaines de raisons de se méfier et à cet effet, sont parfaitement en droit de continuer la grève. C'est ainsi que le rapport de force se consolide.
Le combat continue, comme dirait l'autre.
Pour développer le sujet, je vous mets la 1ère moitié d'un texte tout à fait limpide et mordant que j'ai trouvé ici :
http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=12685
Ce site, c'est celui du collectif Hactivist News Service.
"Lettre d'un cheminot gréviste", que ça s'appelle.
Je vous connais, vous irez visiter le site en question pour prendre connaissance de la suite de cette lettre et glaner quelques infos opportunes par ces temps maussades et d'affrontement social.
Lettre d’un cheminot gréviste
Chère cliente, cher client,
Je suis en grève aujourd’hui et je l’assume. Oui, j’assume de devoir vous poser des problèmes dans votre train-train quotidien, j’assume de vous obliger à modifier vos habitudes quotidiennes.
On m’accuse de vous prendre en otages. Mais vous ai-je enfermés, vous ai-je attachés ?
Non, je vous laisse libres. Libres au milieu des contraintes que vous acceptez tous les jours sans vous en plaindre.
J’assume pleinement de vous laisser voir vos chaînes, parce que ces chaînes sont aussi les miennes.
Parce que moi aussi, je dois faire garder mes gamins quand je commence au petit matin, moi aussi, quand je rentre le soir, j’ouvre ma boite à factures qui naguère s’appelait boite aux lettres, moi aussi, je m’affale parfois dans le canapé pour manger docilement la soupe de la télé, car moi aussi, je vis dans cette société.
Oui, je l’assume. Comme j’assume les contraintes de mon métier qui me font vivre à part du groupe, qui me font travailler avant vous pour vous emmener bosser et après vous pour vous ramener à la maison.
Pour vous emmener dans votre famille passer les fêtes, je ne les passerai pas dans la mienne. Je vous transporte et par définition, mon travail commence là où s’arrête le vôtre, et vice versa.
Quand j’ai pris la décision de faire ce métier, il y a 15 ans, j’ai pesé le prix de ma mise à l’écart de la vie collective, par les horaires farfelus.
Ce prix, je l’ai accepté et j’entends me le faire payer.
Bien sûr, je ne suis pas le plus mal loti de la terre. Bien sûr, il y a bien pire et bien plus malheureux. Mais doit-on se sentir coupable d’avoir un toit en voyant les sans-abri ? Doit-on se sentir coupable d’avoir un emploi en comptant les chômeurs ?
Doit-on se sentir coupable de se défendre ? Ma défense, je l’ai préparée. Parce que les résultats des élections de mai ne laissaient aucun doute. Le conflit aurait lieu, historiquement il devait avoir lieu. Où et quand ?
Vous avez la réponse aujourd’hui. Parce que, je ne vous le cache pas, Il était encore sur le yacht de Bolloré que je mettais de côté l’argent nécessaire à ce combat.
S’il le faut, celui prévu pour quelques projets futiles sera utilisé et tant pis si le home cinéma ne vient pas dans mon foyer cette année.
Quoi, j’aurais pu me payer un home cinéma et je suis dans la rue ? Eh bien ça aussi je l’assume. Et sans aucune honte depuis que j’ai lu que la marque qui commercialise le plus grand écran plasma, un joujou à cent mille euros, visait aussi le marché des particuliers en France.
On me donne 2600 euros par mois pour conduire les trains, pas pour acheter mon silence et ma docilité. On trouve au MEDEF des syndicalistes bien mieux lotis ayant toujours une larme à faire couler sur leur sort.
C’est aussi pour ça que j’assume de faire grève aujourd’hui.
On m’accuse de ne pas faire preuve de solidarité parce que la réforme est nécessaire et doit être approuvée. A force de lire les rapports du Conseil d’Orientation des Retraites, à force de lire tout ce qui peut me tomber sous les yeux parlant de retraite, du Sénat au blog débile, j’ai acquis la conviction que tout cela aurait pu être évité, pour moi comme pour vous, si nos dirigeants avaient préparé ces échéances comme j’ai préparé cette grève.
On nous a parlé de catastrophe, de faillite, de banqueroute même, or n’importe quel économiste honnête vous le dira : en 2000, l’effort prévisible à réaliser, sans rien changer pour les retraites, pour les 40 années à venir était calculé inférieur à celui fourni pendant les 40 années passées.
On n’a montré que le petit bout de la lorgnette, on n’a pas dit que la richesse du pays augmenterait plus vite que cette charge, même dans les pires scénarii. Il y avait ce problème du baby boom ?
Et alors, est-ce une raison pour tout mettre à bas alors qu’il suffisait de remplir le fonds de réserve des retraites créé en 2002, la seule véritable réforme honnête faite sur le sujet ? Que fait un ménage quand il sait qu’une dépense va venir ? Soit il économise, soit il emprunte, soit il attend et se serre la ceinture le moment venu.
C’est cette voie qu’ont choisie nos dirigeants, c’est regrettable mais je suis citoyen et je respecte les suffrages.Alors cette politique qui n’est pas la mienne, je l’assume y compris les conséquences, y compris cette grève.
[...]
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