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23 octobre 2007
Guy, mon camarade

Ta lettre est belle, comme l’aurore qui se lève.
La misère et le malheur des gens, leur sujétion. Depuis les siècles des siècles. Par les mêmes, toujours les mêmes.
Que l’on se demande comment il est possible que leur baratin puant ait encore une quelconque efficacité.
Comment donc ces nouveaux maîtres, qui seront toujours de l’autre côté de la barricade, de ta barricade, ont tenté et réussi cette récupération odieuse.
Manès Sperber, romancier, essayiste, arrêté par la Gestapo en mars 1933, relâché, membre important du Parti Communiste clandestin, activement recherché par l’occupant ensuite, disait, par l’intermédiaire de l’un des personnages de sa trilogie “Et le buisson devint cendre” : […] l’aveuglement n’est pas de la bêtise, même s’il est plus dangereux. Les français, dans leur grande majorité, ont besoin d’aveuglement, ils y trouvent leur dose quotidienne de confiance en eux-mêmes…”
Tu as survécu à ta mort, mon camarade. Ceux-là, parviennent difficilement à justifier leur existence.
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