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22 octobre 2007
Des toiles d’araignées dans les cheveux, des mille-pattes dans le cou et griffé par les ronces
-C’est quoi la Nature ?
-Bin…
-Oui ?
-C’est…C’est la Nature quoi….
-Plus exactement ?
-C’est ce qui vit mais qui n’est pas humain…voilà !
-Une montagne, un torrent, une grève, ce n’est pas de la Nature alors ?
-Mince. Si, bien sûr… Disons que la Nature, c’est ce qui demeure, demeurera sans la présence de l’homme.
La Nature, pour résumer, c’est ce qui se passe fort bien de son intervention.
-Ce qui veut dire qu’un champ de patates, arrosé d’intrants agricoles, n’est pas naturel ?
-Si ! Car même si le jardinier ou le paysan néglige cette parcelle, elle existera malgré tout, sûrement ensauvagée, envahie par des espèces végétales non désirées par la suite.
-Une pelouse semée de gazon anglais génétiquement modifié, tondue au millimètre et entretenue tous les 2 jours c’est naturel ?
-Oui.
-Un jardin laissé en friche, accueillant ronces, orties, graminées, pissenlits, c’est naturel ?
-Evidemment.
-Mais pourquoi, depuis bien longtemps, les hommes ont-ils préféré les jardins, les champs taillés au carré, propres, sans mauvaises herbes, arrachant sans tarder tout ce qui ressemble à du désordre ou de l’envahissant ?
-Parce que pour eux, la Nature, c’est l’existence du spontané, du non-volontaire, c’est la possibilité d’échapper largement à la marque des hommes.
-En fait, tu essaies de me faire comprendre que l’homme aime la Nature, recherche son contact, fait des km en bagnole pour s’immerger dedans mais que cette nature doit ressembler à quelque chose de formaté, de familier …Qu’elle doit riche d’une biodiversité mais la dynamique de cette dernière sera contrôlée.
- C’est toi qui m’as conduit à cette conclusion ! C’est malin car cela signifie que la Nature que l’homme souhaite, c’est celle sur laquelle il est intervenu (sentiers balisés, arbres élagués, près fauchés, réserves touristiques…) mais qu’en définitive, ce n’est pas la Nature puisque celle-ci implique une spontanéité sauvage, dévoyée, brouillonne, rampante.
- Oui, c’est vrai ; je voulais te faire comprendre que pour l’homme, la Nature collabore ou elle agresse. Soit l’un, soit l’autre.
-Ça expliquerait donc pourquoi il ne lui fait pas de cadeau et qu’il se comporte comme quelqu’un qui châtie son ennemi !
-On peut dire ça : il devine que la Nature, s’il abandonne, ne serait-ce qu’une journée, son paysage étiqueté, plaisant, civilisé, raisonnable, elle reprendra ses droits, sûre de sa force, force aveugle mais force tout de même.
-Tu n’es pas en train de faire le lien avec l’inconscient, de prétendre ainsi que l’irruption de l’inconscient, la peur que ça amène, c’est similaire aux débordements, à l’exubérance de la Nature, le chiendent qui prend sa place, les lianes et le lierre qui s’installent, les scolopendres et autres bêtes grouillantes qui se manifestent , l’eau de pluie croupie qui héberge les larves de moustiques…
-Si.
18:30 Publié dans Nature et vivant | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

