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30 septembre 2007

Comité Noé : au service de l’exploitation animale

  

"Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce et toutes les petites bêtes du sol selon leur espèce.
Dieu vit que cela était bon.
Dieu dit : "Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance et qu'il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre !"

Ancien Testament -livre de la Genèse

Pour simplifier à l'extrême, c'est cette invitation pseudo divine qui a conduit, au mois de juin dernier, des hommes, des associations et des filières professionnelles à constituer ce fameux Comité Noé.

Je ne vais pas revenir sur cet évènement car il avait déjà fait l'objet d'une réaction, certes colorée, de ma part et je vous renvoie à mon article du 22 juin.

Car aujourd'hui, on va faire dans le sérieux.
Qui, a décidé, le 13 juin 2007, au siège de la Fédération Nationale des Chasseurs à Issy-les-Moulineaux, de former cette force de lobbying au plan national et européen ?

La FCN justement et ProNaturA France.
ProNaturA France, c'est une fédération de 9 associations professionnelles dont l'activité tourne autour de la production, l'élevage, la sélection d'espèces animales domestiques, auxquelles s'est joint, début 2007, la Fédération des Sociétés Taurines de France.

ProNaturA France fait déjà du lobbying (oups...Pardon ! On dit... De la promotion...!) pour des activités professionnelles telles que la cuniculture (lapins en clapier), l'aviculture (volailles en batterie), la colombiculture et celles qui ont trait à la sélection/amélioration génétique de races d'animaux domestiques, qu'il s'agisse d'éleveurs (d'ovins, de bovins, d'équidés etc) regroupés dans le cadre de France UPRA Sélection (fédération gestionnaire de races) ou de la Société centrale canine par exemple.

Quelle est la valeur commune de tous ces acteurs ?
 
L'animal n'a aucun droit. L'homme, à son égard, détient tous les droits mais il a quand même des devoirs, ce qui doit l'inciter à veiller au "bien-être" de l'animal en question dans la mesure du possible.

Chacun conviendra que cette notion de "bien-être" est large, élastique, contingente et de toute façon, elle procède de l'arbitraire le plus total puisque c'est l'homme qui juge et détermine les conditions qui entourent ce " bien-être".

Cette valeur commune refuse donc, farouchement, d'abolir la distance qui existe entre l'animal, objet d'utilisations diverses et variées, et l'homme, qui a tous les droits sur lui.

Toutes ces associations, qu'elles soient professionnelles ou non, rejettent par conséquent l'anthropomorphisme (le fait de prêter à l'animal des sentiments, des ressentis humains) mais également toute idée de lui accorder un statut juridique.

La Fédération Nationale des Chasseurs est très claire sur le sujet : la chasse véhicule des valeurs humaines essentielles et elle délivre un vision non anthropomorphique de la nature.

Enfin, elles abhorrent l'antispécisme.

Ces associations ont à ce titre plusieurs ennemis : les "zoophiles ordinaires", "les zoophiles militants" et les "animalitaires".

Vous remarquerez que l'emploi du terme "animalitaires" fait objectivement penser, en creux, à "humanistes".

Ceci signifie que les "animalitaires", en plus d'être des "Rousseauistes niais", des écoterroristes, des extrêmistes qui revendiquent l'égalité animal/homme en droits, sont bien sûr des anti-humanistes.

L'exemple type de leur détestation, c'est le militant vegan.

Mais les défenseurs des animaux ne trouvent pas grâce à leurs yeux car ils sont soupçonnés de vouloir traiter l'animal comme un être humain.

Comme il leur est insuportable de constater la "mollesse" des anti-corrida, leur sensiblerie, qui "sapent les fondements (judéo-chrétiens) de la civilisation ", cet affadissement de la sensibilité qui s'oppose aux principes héroiques, d'engagement, de la tauromachie.

Restons-en à la tauromachie; la FSTF ne vient-elle pas, sur son site, de lancer ce cri : ”La cause des taurins se confond désormais avec celle des chasseurs, des pêcheurs, des éleveurs, des gaveurs, des fourreurs des maroquiniers, des chausseurs, des animaleries de laboratoire et des animaleries tout court, des entrepreneurs de cirque, des bouchers… et de la large partie de l’humanité qui souhaite rester omnivore.
Nous, occidentaux, nous n’avons pas à nous culpabiliser de notre héritage judéo-chrétien qui nous fait distinguer l’homme de l’animal.”

L'objectif essentiel de ce Comité Noé, il faut bien le comprendre, c'est de tout faire pour ne pas laisser les protecteurs des animaux définir ce que devrait être le bien-être animal.

C'est ce qui explique, notamment, le travail acharné de l'industrie agro-alimentaire française visant à empêcher, au niveau européen, l'amélioration, ne serait-ce que pour 2cm, des conditions d'élevage intensif des poulets génétiquement sélectionnés.

Les groupes qui sont derrière la création de cette force de lobbying mènent, à les entendre, un combat de civilisation. Rien que ça !

Le rapport entre animal et homme ne doit pas varier.

Le taureau devra encore mourir dans l'arène (refusant l'anthropomorphisme, les aficionados affirment que le taureau ne souffre pas, ou alors de façon complètement différente) pour magnifier l'homme.

Traiter un animal comme un humain sera bien sûr une forme de "maltraitance animale" (sic) puisque cette protection n'est pas raisonnable et raisonnée car anthropomorphique.

Voilà, j'ai été un peu long mais désormais, vous savez ce qui  a rapproché, en juin de cette année, un éleveur d'oiseaux d'ornement, un producteur de foie gras, un chasseur, un aficionado, un dresseur de chiens de garde ou d'attaque.

          

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